RALLIER
et remplissant son objet, celui de nous attacher à l’Etre suprême par admiration et par reconnaissance et de réunir les hommes entre eux comme enfants du même père, comme courant tous une carrière également pénible, comme intéressés à entretenir cette alliance qui les défend contre les ennemis extérieurs. Le citoyen Sobry donne aussi des idées sur le pacte social, sur les lois, sur la superstition et sur tous nos devoirs.
Rallier. — D’autres déistes enfin, comme le citoyen Rallier, membre du Conseil des Anciens, plus prudents que les précédents novateurs, se contenteraient à la rigueur d’une réforme du christianisme, mais d’une réforme plus profonde que ne l’avait été la constitution civile du clergé. Dans deux lettres très intéressantes, datées l’une du 9 ventôse, l’autre du 6 floréal an IV, Rallier exposait son plan à son collègue Grégoire '. 11 reconnaît qu’un « culte religieux est pour tous les hommes un devoir, et que c’est même pour la plupart un besoin. » 11 se félicite donc de la réouverture des églises, et regrette même que dans beaucoup d’endroits le culte ne soit pas encore rétabli. Mais il croit que le catholicisme est trop ébranlé par la philosophie et par la Révolution pour pouvoir subsister sans changement. Il faut profiter des circonstances pour faire disparaître des dogmes et de l’organisation catholiques tout ce qui a vieilli et qui est en contradiction avec l’esprit du siècle, tout ce qui entrave le progrès...
« ... En méditant sur ces objets, dit-il, je me suis ressouvenu d’avoir entendu dire, il y a très longtemps, à un homme sage, que l’on composerait une excellente religion de ce que les autres ont de commun entre elles. Si l’on approfondit un peu celte idée, on reconnaîtra bientôt (pie le résultat qu elle indique n’esl autre chose que la
religion naturelle . Ne serait il pas avantageux
de recueillir les maximes communes à toutes les reli -
1. Lettres de Rallier, membre, du Conseil des Anciens au citoyen Grcrjoiré, membre du Conseil des Cinq-Cents ; à Paris, chez Desennc, imprimeur-libraire, jardin Égalité, u" 1 , an IV do la République française, in-8 de 4a p. (Bib. nat., Ld' 7/172).