‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 52 sur 519 · Les premières recrues · texte numérisé non relu

Les premières recrues

y. L’opinion publique. — La presse. — Conclusion.

Chemin. — A l’exemple des panthéonistes, du médecin Bressy, du « législateur » Daubermesnil, de Sobry et de Bcnoist-Lamolhe, un simple libraire, Chemin fils1, traça à son tour, au milieu de l’an IV, un plan de culte raisonnable etcivique ; mais, plus heureux que ses prédécesseurs, scs conceptions ne restèrent pas lettre morte et il réussit où ils avaient échoué. Il fut le fondateur d’une Eglise qui

£. 11 so fait appeler aussi Chemin -Dupontès,

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pendant cinq années inspira des craintes au cmholicisme cl qui ne périra qu’avec la République elle-même.

Son caractère. — Ce n’était pas un esprit original ni même très vigoureux; il n’avait rien d’un prophète et ne fera pas à son œuvre le sacrifice de sa vie ou de sa fortune. Daubermesnil, qui n’était pas un foudre de guerre, mais qui protestera contre le 18 brumaire1, lui est supérieur par le caractère et Benoist-Lamothe montrera plus d’une fois de la dignité et de la fermeté en présence îles injustices ou des persécutions2. Chemin, lui, est avant tout un homme prudent, très respectueux des pouvoirs établis3 4 5 et qui s’éloigne à priori de tout ce qui peut paraître une exagération dans les* idées ou dans la conduite.

Ses idées. — 11 met une certaine coquetterie à se dire en tout modéré. Au début de la Révolution, il imprime Le Pour et le Contre, journal qui affecte de se tenir en dehors et au-dessus de tous les partis

Sous la Terreur, il compose, après plusieurs autres ouvrages d’instruction publique, un Alphabet républicain , sorte de catéchisme du culte de 1 lître suprême, puis un Manuel des fêles nationales, dans lequel il réunit « des morceaux de prose et de poésie propres à former l’esprit

1. Au 18 brumaire, il fut exclu du Corps législatif, envoyé en exil en Charente-Inférieure. Il mourut, peu après en 1802. (Voir Biographie Rabbe.)

2. Par exemple, il protestera énergiquement auprès du préfet de l’Yonne et du maire de Sens contre les persécutions dont la théophilanthropie était l’objet en l’an VIII.

3. Après aroir encensé La Révellière, son protecteur, il lui donnera le coup de pied de l’àne au 3o prairial. — Après i8i5, il se ralliera aux Bourbons et fera leur éloge dans les loges maçonniques.

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