I.ES CÉRÉMONIES
Puis chacun s’assied pour entendre des lectures ou des discours de morale *, entrecoupés par le chant de quelques hymnes.
L’ordre dans lequel se succèdent lectures, discours, chants, n’est pas encore arrêté dans le Manuel , l’organisation de. la cérémonie est laissée à l’intelligence du chef de famille. Ce n’est que quelques mois plus tard que le culte se perfectionnera. Le célébrant n’aura plus la même liberté. Il devra suivre des rites bien définis, la part de l’imprévu se trouvera réduite au minimum, les mêmes hymnes seront entonnés aux mêmes instants, bref, la messe théophilanthropique paraîtra aussi bien réglée que la messe catholique. Nous aurons plus tard l'occasion de dire un mot de celle « ritualisation » du culte.
Le Manuel décrit déjà les cérémonies correspondant au baptême, à la première communion, au mariage cl aux funérailles.
Baptême. — Pour le baptême ou présentation des enfants, le père présente son enfant à la fin de la fête religieuse, il le lient élevé vers le ciel1 2 3 en donnant ses noms et prénoms. Le célébrant lui demande s’il prend rengagement d’élever son enfant dans les principes de la religion naturelle. Le parrain et la marraine promettent ensuite de tenir lieu à l’enfant de ses père et mère, si le besoin était. La cérémonie se termine par un petit discours du chef de famille sur les devoirs des pères et mères envers leurs en fants 3.
1. Les fêtes décadaires se composaient aussi de discours et de chants. Les discours el les chœurs n’étaient pas nécessairement politiques. Ils roulaient assez souvent sur des points de morale.
En octobre 1793, Lequinio et Laignelot, en supprimant le catholicisme en Charente-Inférieure, avaient transformé les curés et pasteurs en « prédicateurs de morale ». U11 arrêté du 20 frimaire an II institua au temple de la liaison de la seclion Guillaume Tell à Paris des orateurs de morale Nous avons le recueil des discours prononcés par ces orateurs de morale (Aulard, Cullede la liaison, p. - 1 , note 1).