‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 68 sur 519 · IA PREMIÈRE SOCIÉTÉ THÉOPHILANTHROPIQUE · texte numérisé non relu

IA PREMIÈRE SOCIÉTÉ THÉOPHILANTHROPIQUE

« tous les hommes religieux quels que soient leurs cultes ». Presque tous les habitants de la terre, étant d’accord sur les principes fondamentaux de la religion et de la morale, sont des théophilanthropes sans le savoir. — - Les apôtres ne manqueront pas de faire valoir l’ancienneté de leurs croyances ; elles sont celles des premiers hommes ; elles ont pour principe l’auteur même de la nature. Leur culte a la même origine reculée ; il est celui de nos premiers pères 1 qui ne rendaient au Créateur que des hommages d’une grande simplicité. « Ils lui dressaient un aulel de terre, ils lui offraient, en signe de reconnaissance et de dévouement, quelques-unes des productions qu’ils tenaient de sa main libérale. » Les théophilanthropes ne sont donc pas des novateurs ; ils ne font que restaurer la religion primitive dans la même pureté où elle fut gravée par Dieu dans la conscience de ses créatures. On reconnaît ici les idées chères à Daubcrmesnil ". La propagande des apôtres s’arrêtera à l’exposé de ces vérités. Si on résiste ils ne discuteront pas davantage. Les discussions religieuses ne valent rien jamais, « elles ont souvent rougi la terre du sang des hommes ». Or, un théophilanthrope doit faire preuve de tolérance : « Loin de chercher à renverser les autels d’aucun culte, vous devez même modérer le zèle qui pourrait vous porter à faire des prosélytes au nôtre. Professez-le modestement, et attendez en paix que ceux, à qui sa simplicité conviendra, se joignent à nous. Respectez les opinions de ceux qui croient devoir suivre un culte plus chargé de dogmes et de cérémonies. Ils n’en sont pas moins nos frères, ils n’en sont pas moins théophilanthropes comme vous... »

On reconnaît la modération habile de Chemin. Il n’attend pas le succès des procédés hébertistes, il compte sur la douceur, le temps, sur la force de I exemple. Ce n’est, pas en prophète, mais en diplomate qu’il parle. « Vous

i Ceci paraît une réponse directe à l’argument favori dont se servaient alors les catholiques : « D’honnêtes gens n’abandonnent pas la religion de leurs pères, la religion dans laquelle ils sont nés. »

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