Nouveaux livres officiels. — La messe théophilanthroique
— Les hymnes. — Le costume.
10. Nouveaux temples. — Notre-Dame. — L’ancien Musée de Paris. — La \ isitation. — Le collège des Quatre-Nations.
— Les écoles. — Chapuis.
1 1. L’esprit du comité de direction. — Prudence et modération. — Conclusion.
La crise de i,'an Y. — Chemin rappelle que « le culte des théophilanthropes prit naissance à une époque où une faction ennemie de la République menaçait la France d’un violent déchirement 1 ». La crise de l’an Y eut en
t. Qu’est-ce que la Tliêoph. ? p. l'A - 1 5 .
LES APPROCHES DE FRUCTIDOR
effet sur l'histoire de la théopliilanthropie une influence considérable.
Les élections de Fan IV et de l’an Y avaient été très favorables aux catholiques. Les clichiens venaient d’obtenir la majorité dans les conseils. Leur programme avoué était : à l’intérieur, d’abolir les lois contre les prêtres et les émigrés, « d’effacer, comme ils disaient, les dernières traces du régime révolutionnaire » ; — à l’extérieur, de terminer la guerre contre les rois.
Plusieurs avaient, en outre, un programme secret qui était le rétablissement de la monarchie constitutionnelle au profit du frère de Louis XVI.
En présence de ce nouveau parti, les Directeurs, unis jusque-là, s’étaient divisés. Carnot et Letourneur (puis, en prairial an Y, le successeur de ce dernier, Barthélemy) se rangèrent du côté de la majorité des Conseils; Barras, La Bevellière et Beubell1, au contraire, croyant la République en péril, résolurent de s’opposer, même par la force, aux projets des clichiens.
Après les élections de germinal an V, les divisions des Directeurs s’aggravèrent el le conflit devint bientôt public. Les causes en étaient profondes.
Carnot et la politique de l’apaisement. — Esprit réaliste, Carnot n’avait jamais été emporté très loin par la foi révolutionnaire. Au Comité de Salut public, s’il s’était associé aux plus violentes mesures terroristes, c’était en homme de gouvernement et non en mystique exalté. Il ne croyait pas en la vertu magique des lois pour régénérer subitement une nation. Il connaissait trop la force des traditions pour se laisser aller à des espoirs chimériques.
I. Portrait des trois directeurs par Merlin de Douai, dans son compliment de réception au Directoire le ïtx fructidor an V :
« Ici cette douce philanthropie, fruit de la culture des sciences et de ces goûts simples de la nature, apanage d'une âme sensible et élevée (La Réveillère) ; là cette fermeté de caractère, ce coup d’œil rapide, cette ardeur inébranlable que les obstacles n’arrète jamais, et qui ne voit, dans les dilFicultés, qu’un moyen de gloire et une source de triomphes (Reubell); plus loin ce courage brillant et ces manières affables qui tempèrent l'usage de 1 autorité et commandent l'attachement en même temps que le respect (Barras). » (Moniteur.)