La Révellière, Mém., Il, p
5. Beffroy de Reigny ce vantera plus tard dans son Dictionnaire néologique d'avoir obtenu de Carnot, en i3 mois « i 117 réquisitions ou congés et plus de 2 000 actes de bienfaisance en faveur des opprimés », c’est-à-dire des réfractaires et des émigrés {Mém. sur Carnot par son Jils, Tl, p. 90).
LES APPROCHES DE FRUCTIDOR
républicain, de le rendre inoffensif, en attendant de le supprimer Quand on lui objectait la nécessité de réveiller l’esprit public par des létes grandioses capables de faire aimer la Révolution, il haussait les épaules et s’écriait : « Au reste, c’est là de l’histoire ancienne, c’est du passé, pensons à l’avenir et même au présent qui nous presse1 2. » 11 parlait avec dédain du livre de Daubermesnil, Le Culte des adorateurs \ Même devant La Révellière, qu’il voulait gagner, il ne sut pas dissimuler son mépris d’homme d’action pour les cérémonies naïves des théophilanthropes Il s’opposait aux nouvelles mesures proposées par ses collègues contre les prêtres5, contre qui il n’était pas politique, à son avis, « de parler et d’agir ». « Ce sont, disait-il en ricanant, de rudes jouteurs6 7. » « Ils ne font tant de mal que parce qu’on les persécute'. » Aussi était-il tout disposé à rapporter les lois d’exception auxquelles ces rudes jouteurs étaient encore soumis. Pour les mêmes raisons, il se montrait indulgent pour les émigrés, intercédait en leur faveur, « pensait même que tous pourraient être amnistiés8 ». Reubell parlait-il de museler la presse royaliste, Carnot s’y refusait encore avec énergie9. Il professait le respect de l’opi-
1. « Sous ce même prétexte (d’économie) il lit ce qu’il put pour anéantir nos fêtes nationales et nous réduire à des fêtes de cour, telles que celles des monarchies et dans les mêmes circonstances, mais non plus pour célébrer les grands événements de la Révolution » (La Révellière, Mém., II, p. 75).