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LA CRISE DE I,’aN V
nion publique représentée par la majorité des Conseils. « Il commença, dit La Révellière', à établir en principe, à la lettre, la doctrine de l’obéissance passive du Directoire à toutes les décisions du Corps législatif. » C’est qu’il croyait qu’ « il n’était pas impossible d’amener une réconciliation des esprits, qu’une hostilité radicale ne séparait pas de la République, en effaçant la trace des déchirements qui avaient laissé de si cruels souvenirs, et en prouvant, par une sage pratique des institutions nouvelles, qu’elles offraient toutes les garanties désirables de libéralisme et de stabilité1 2 ». Il se refusait à admettre que tous les clichiens ne fussent que des royalistes déguisés, une grande partie lui semblait être des républicains sincères, mais des républicains modérés, épris d’ordre et d’apaisement et respectueux au plus haut point de la foi religieuse. A\ec ceux-là, il n’hésitait pas à négocier par l'intermédiaire de Beffroy de Reigny3. Aidé de TronSon- Ducoudray et de Thibaudeau, il s’etforçait de constituer dans les conseils un « parti moyen, un parti conservateur de la République. » Bref, Carnot inaugurait, à l’intérieur, la politique des ralliés, comme nous dirions aujourd’hui.
Sa politique étrangère n’était que le prolongement de sa politique intérieure. Pour faire aimer la République, il fallait terminer la guerre. Pour terminer la guerre, il ne fallait pas se montrer trop exigeant. Carnot s’opposait aux vues ambitieuses île Reubell, intraitable sur la question des frontières naturelles, et aux plans belliqueux de La Révellière. — Avec Rousseau, il répétait volontiers que » quiconque veut être libre ne doit pas être conquérant4 5 ». — Sur les questions de Rome6, de Mantoue et de \ cuise ’, de Hollande7 8, et île la rive gauche du Rhin3, il était en