‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 95 sur 519 · Id., I, p. 8fj · texte numérisé non relu

Id., I, p. 8fj

LES APPROCHES DE FRUCTIDOR

lui fit des avances. 11 est visible qu’il hésitait. C’est qu’il n’a qu’une préoccupation : servir la cause sacrée de la liberté. Son enthousiasme républicain reste au diapason le plus élevé.

Le 19 novembre 1792, il propose et la Convention adopte le fameux décret par lequel la République accordait fraternité et secours à tous les peuples qui voudraient recouvrer leur liberté, ordonnait aux généraux de venir en aide aux peuples opprimés, offrait protection à tous les patriotes victimes de leurs convictions. Anacharsis Clootz dut ce jour-là pleurer de joie.

Dans le procès du roi, La Révellière vota contre l’appel au peuple, pour la mort, contre le sursis1. Mais il fut un adversaire violent de la dictature grandissante de la Commune de Paris. Contre les complots anarchistes, il publia, dans la Chronique de Paris , un article virulent, « le Cromwellisme 2 ».

Il protesta contre le 01 mai et vécut caché pendant la Terreur. Après thermidor, il reparut à la Convention et y joua un rôle important3 4 5. Il se tînt à l’écart des thermidoriens violents, et, chose rare, il sut pardonner; plusieurs fois il intervint en faveur des anciens membres des comités du gouvernement, ses persécuteurs. Il sauva Yadier en s’opposant à sa mise hors la loi1. Et même, pendant que grondait encore l’émeute de prairial, il sauva Barrère, Collot et Billaud en empêchant qu’ils fussent remis en jugement, comme le demandaient Rouyer et Larivière, peu satisfaits de leur première condamnation à la déportation h

Dans ce temps de réaction, sa foi révolutionnaire était aussi ardente qu’au premier jour. Alors que Carnot, le

1. Voler la mort d’un roi était une action énergique, antique, disait-il « telle qu’il ne s’en présente pas deux dans des milliers de siècles » ( Mém . , de Barras, II, p. 8).

Page 1