‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 94 sur 519 · La Révellière. Mcm., II. p · texte numérisé non relu

La Révellière. Mcm., II. p

, La journée du 18 fructidor. . n’aurait jamais eu lieu sans moi » (La Révellière. Mém., 11. p. 85).

5. Bon époux, ses ennemis mêmes rendent hommage à la droiture de son caractère, à la probité de sa vie. On lit. par exemple, dans le Mémorial de Sainle-Hélcnc, édit, de 182), I\ , p. 21 1 « Honnête homme, citoyen probe et instruit, il entra pauvre au Directoire et en sortit pauvre. »

LA ftÉVEILLlÈRE ET TRACTION REPUBLICAINE l3l

à Carnot, il en différait profondément par la tournure de son esprit. Nature mélancolique, imagination romantique, ce (ils de bourgeois campagnard, passionné pour la botanique, pour la musique, pour les beaux-arts en général, cachait une âme de feu sous des dehors simples et modestes. De bonne heure détaché du catholicisme qu’il considérait comme un instrument d’oppression et de corruption, il avait pour les prêtres un mépris instinctif. Enivré du vin de la science, il se plaisait à imaginer une humanité meilleure régénérée par la raison, par la vertu et par la liberté. Lors de la guerre de l'indépendance américaine, il fut sur le point de partir combattre parmi les insurgents1. Quatre-vingt-neuf l’enthousiasma et lui imprima, pour la vie, une secousse dont il ne se releva jamais.

Rédacteur du cahier de sa commune, il y fit inscrire le vœu que les curés fussent choisis par les paroissiens, que le célibat des prêtres fût aboli, et enfin que tous les cultes jouissent d’une égale liberté2.

Député du Tiers aux Etats-Généraux, il se montra constamment un chaud patriote, très ferme devant les grands et devant la cour. Le club des jacobins le compta au nombre de ses premiers fondateurs3. A la fin de la Constituante, il dînait chez les Duplay avec Robespierre4. Sous la Législative, il fut l’orateur attitré du club d’Angers ’, l’organisateur des « Missions patriotiques » dans les Mauges et en \ cndée contre les prêtres réfractaires ; il y dépensa une activité de tous les instants et il ne dépendit pas de lui que la guerre civile de l’Ouest fût é\itée. Député à la Convention, il blâma les excès delà Commune ; ce bourgeois lettré avait le mépris inné de la populace. Dans le commencement, il fréquenta les girondins sans s’affilier directement à leur parti. Robespierre

1. Il était déjà enrôlé ; une circonstance fortuite empêcha son départ (Mém., 1, p. 3a).

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