‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 97 sur 519 · I.F.S APPROCHES DE FRUCTIDOR · texte numérisé non relu

I.F.S APPROCHES DE FRUCTIDOR

le décret qui promettait aide et assistance aux patriotes de toute la terre, il croit possible de soulever contre leurs tyrans les peuples voisins.

La propagande révolutionnaire lui semble le seul moyen de terminer la guerre à noire avantage et à l’avantage de l’humanité. Il veut démocratiser l’Allemagne et l’Italie*. Par dessus tout, il songe à réduire le pape, à prendre Rome, citadelle du catholicisme et du despotisme; il estime que les rois ne sont rois que parce que les prêtres leur préparent, au préalable, des sujets. Un instant il espère que Bonaparte portera le coup fatal à la superstition, affranchira l’esprit humain en enchaînant le prince des prêtres qui l’asservissait depuis tant de siècles 1 2. La madone de Lorelte, que le vainqueur de l’Italie lui envoie à défaut du pape, lui paraît du moins un trophée inestimable, à qui était réservée dans son salon la place d’honneur.

En un mot, La Révellière croit toujours 2)ossible cette régénération du peuple français et de l’espèce humaine, à

1. En Italie, il veut créer un Etat fédératif selon les plans de d’Argenson ( Mém . , Il, p. 34).

2. Ee i5 pluviôse an V, La Révellière soumit au Directoire et fit adopter une lettre à Bonaparte dans laquelle on lit: « En portant son attention sur tous les obstacles qui s’opposent à l’affermissement de la Constitution française, le Directoire exécutif a cru s’apercevoir que le culte romaio était celui dont les ennemis de la liberté pouvaient faire d'ici longtemps le plus dangereux usage. Vous êtes trop habitué à réfléchir, citoyen général, pour n’avoir pas senti tout aussi bien que nous que la religion romaine sera toujours l’ennemie irréconciliable de la République ; d’abord par son essence, et en second lieu parce que ses ministres et ses sectateurs ne lui pardonneront jamais les coups qu’elle a portés à la fortune et au crédit des premiers, aux préjugés et aux habitudes des autres. 11 est sans doute des moyens à employer dans l'intérieur pour anéantir insensiblement son influence, soit par des institutions qui effaceraient les anciennes impressions en y substitant des impressions nouvelles plus analogues à l’ordre des choses actuel, plus conforme à la raison et à la saine morale. Mais il est un point non moins essentiel peut-être pour parvenir à ce but désiré : c’est de détruire, s’il est possible, le centre d’unité de l’église romaine, et c’est à vous, qui avez su réunir les qualités les plus distinguées du général à celles d’un polilique éclairé, de réaliser ce vœu si vous le jugez praticable. . . » Carnot et Letourneur refusèrent de signer ces instructions. Sur le débat qui eut lieu au Directoire, voir Barras, Mém., II, p. 307- 3o8.

Cette lettre a été publiée par Aulard, Ilist. delà Révolution, p.6)2.

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