FORME RAYONNÉE
simple cylindre tronqué (1). Du reste c'est un énoncé qui n’ a pas besoin de démonstration , que Y extrémité doit porter à sa partie inférieure une forme appropriée pour fournir une base convenable à tout genre de station, ou un bon instrument à la prise, comme à la répulsion.
Amputez les doigts à une cigogne , elle ne se tiendra plus debout, car la base lui manquera. Une base est une nécessité pour tout animal; base proportionnée, soit à son corps, soit aux mouvements qu’il lui faut exécuter. Un disque , ou une surface quelconque dilatée appliquée à la dernière partie de la jambe, peut bien servir de base, mais il va sans dire, qu’ elle ne serait utilisable dans la pluralité des cas. D’ autre part il est bien reconnu en mécanique qu’ une base discoïdale peut être remplacée par un nombre de rayons; nombre qui peut descendre jusqu’à trois : le Tripode. Le titre de préférence des rayons sur le disque, dépend de l’exigence des fonctions, que la base même supposée est appelée à accomplir. Et presque toujours nous trouvons qu’il n’y a pas seulement titre de préférence , mais bien une nécessité exclusive de la forme rayonnée sur la forme discoïdale.
Quand la cigogne fait ses enjambées sur un sol raboteux et plein d’inégalités, auxquelles elle doit se cram-
(1) Une extrémité composée de plusieurs pièces cylindriques disposées en série l’ une après l’ autre comme dans le cheval , est d’ un usage trop restreint. Les pattes des solidungules sont des colonnes excellentes, si l’on veut, pour supporter le poids du corps, et pour le transporter sur le sol; mais le sol doit présenter des conditions spéciales ; ce qui est aisé à comprendre en considérant que la patte presse le sol, mais ne s’v tient pas.
FORME DIGITEE
pointer, quand le lézard rampe sur les arbres, quand le tigre se faisant un point d’ appui sur le sol s’ élance sur sa proie , à quoi bon un disque ? La distance et Y inégale position des points auxquels doit se prendre chaque partie de la base, exige une division, et une indépendance des parties mêmes cramponnantes :
Donc la forme rayonnée.
Je ne demanderai pas si ces rayons pourraient être de petits bâtons raides. Ce que nous avons observé jusqu’ ici n’ est qu’ un très-petit côté de la considération que l’on doit donner à la dernière partie des extrémités. En effet qu’ est-ce pour les animaux de s’ appuyer sur le sol, en comparaison de s’y tenir cramponné par une espèce de préhension ? Lors même qu’ un animal se transporte d’un lieu à un autre, d’une branche à une autre, il se tient aux inégalités du sol , ou s’ accroche aux petits troncs des arbres. Mais que de fonctions les animaux ne doivent ils exécuter par leurs extrémités ! Plusieurs ne peuvent porter la bouche sur l’aliment, il leur faut porter l’aliment à la bouche. D’autres ont besoin de tenir leur nourriture pour la ronger, ou bien de serrer une victime qui lutte pour s’ enfuir. En un mot la préhension joue son rôle dans un champ très-vaste, et sous mille formes. La préhension exige que les rayons puissent s’ enrouler autour des corps, s’y appliquer de tout part, autant qu’ il est nécessaire; et tout cela on ne peut Y obtenir sans que les rayons soient des lignes brisées, c’ est-à-dire qu’ ils soient composés de plusieurs pièces. Nous voilà arrivés non seulement à la forme rayonnée, mais un pas plus avant, à la forme cUgitée.
FORME DIGITEE
Toujours, dira-t-on, on remarque des doigts dans les premières classes des vertébrés. Y a-t-il de quoi s’en étonner? Si partout d’une façon, ou de l’autre, le besoin de la préhension existe , F instrument pour l’ exécuter pourrait-il manquer? Là où il faut la tenaille, il faut avoir la tenaille; là où il faut le trépied, il faut avoir le trépied. Il n’y a rien qui puisse les remplacer. La perpétuelle réapparition des doigts dans les squelettes des vertébrés, est la répétition de la nécessité mécanique qui n’admet pas de choix. Si vous voulez une fonction , il vous faut F instrument. Si vous voulez prendre , il vous faut une main .
Nous voyons partout dans les vertébrés supérieurs une incontestable uniformité de construction sous ce rapport. G’ est encore F unité de plan que F on a proclamé en disant que toute extrémité se termine par des doigts. Je demanderais volontiers à un mécanicien instruit quelle forme on pourrait substituer pour assurer, par exemple, au camaléon sa vie d’ acrobate , à F aigle ses griffes immanquables, au singe sa main préhensile. S’il n’y a rien de mieux à substituer, si nulle autre construction aurait pu donner une prise si facile, si forte, si assurée, sans la forme digitée, je dis que les lois mécaniques ont réglé cette construction, et qu’elles prennent la place de F unité de plan.
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Alors je ne puis m’empêcher de faire cette réflexion, que , si F unité de plan est une hypothèse ingénieuse , la loi mécanique est un fait scientifique.
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Le nombre même des divisions que F on voit dans les