FONCTIONS DES FACES DÉ GLISSEMENT
précision de la main. Le mouvement des pièces carpiennes Lime sur l’autre ne peut avoir lieu que lorsqu’on déploie une force valable à la compression énergique des cartilages. Cela arrive seulement quand des efforts supérieurs sont imposés à la main. Dans plusieurs fonctions modérées de la main, la rigidité propre de la plaque carpienne suffit. Cette rigidité est déterminée par la résistance des cartilages à la compression ; mais elle a un terme. Au delà , commencent les efforts violents : par exemple tordre une tarière très-résistante. C’est alors que la résistance de la plaque carpienne étant appelée à se prononcer , elle donne tout ce qui lui est possible, par la compressibilité des parties élastiques interposées aux éléments osseux du carpe.
C’est un mécanisme à ressort, cela est clair, mais il n’ entre en fonction que dans les efforts extraordinaires et suprêmes. Si l’on veut appeler le carpe un diviseur des coups et un modérateur , il faut le dire un frein, mais un frein de haute portée. C’ est par là que la main déploie dans cette partie fondamentale de sa construction, le carpe, une élasticité obscure, et quelquefois contestée , mais très-salutaire lorsqu’ elle subit des violences extrêmes.
Les phénomènes que nous examinons à présent ne sont que la partie passive du mécanisme du carpe. Car l’action que nous supposons est une action extrinsèque, qui tend à tourner, par exemple, une pièce carpienne sur une autre, comprimant les cartilages, et mettant à l’épreuve la ténacité des ligaments. Mais il y a une autre partie : la partie ou fonction active , qui est la véritable propriété des faces de glissements.
replacement des pièces carpiennes 73
Le dernier terme auquel nous avons laissé nos recherches sur ces points a été le déplacement des protubérances d’ une face carpienne hors de sa cavité et son rampement sur les pentes des parties convexes de la face opposée. Dans une telle condition, on se trouve en présence de parties culminantes posées sur une pente glissante. De même qu’ elles montent autant que la force externe agit, aussitôt que l’action cesse, chaque protubérance est ramenée et revient à sa cavité primitive.
Ceci du reste arrive très-aisément. En rappelant que chaque face est recouverte d’ un cartilage lisse et polie, dont la surface veloutée est perpétuellement enduite par 1’ humeur synoviale , on conçoit qu’ il est impossible de faire demeurer une partie convexe sur une pente luhrefiée , si la force, qui la porte là haut, cesse. N’ oublions pas encore Y élasticité des cartilages , qui sont comprimées lorsque chaque protubérance est déplacée. Ces trois conditions, l’élasticité des cartilages et des ligaments interosseux , la lubricité par 1’ humeur onctueuse synoviale et la cessation de la force dérangeante , remettent subitement à leur place chaque point, et le réduisent à son fond naturel. La nature géométrique de la surface et sa condition élastique et glissante rappellent chaque pièce à sa place. On a appelé faces glissantes ces faces intercarpiennes, on pourrait peut-être mieux les appeler faces de replacement , car le premier effet de leur conformation est de reconduire à leur place les pièces carpiennes ; de manière que lorsqu’ un effort a cessé , chaque partie se trouve aussitôt remise à sa place (1).
(1) Singula haec ossicida. . . . inaequàlitatibus , foveis , ac