‹ La théorie darwinienne et la création dite indépendanteChapitre 28 sur 125 · ORIENTATION DES PIÈCES CARPIENNES · texte numérisé non relu

ORIENTATION DES PIÈCES CARPIENNES

Il s’ensuit un effet important et immanquable. C’est qu’on obtient une parfaite orientation des pièces carpiennes entre elles. Certains métiers très-fatigants soumettent journellement la main de l’ouvrier à des efforts toujours répétés. Parmi les plus vulgaires le charpentier, le taillandier, le garde-freins, et bien d’autres, font exécuter à leurs mains des torsions tellement puissantes qu’on peut avec raison supposer qu’elles sont profondément affectées dans quelques-unes des leurs pièces du carpe. Or il est très-présumable qu’ une répétition à Y infini des mêmes violences sur les mêmes pièces , pourrait apporter lentement hors de leur assise quelques-uns des os carpiens , si leurs faces étaient des faces plates. Mais lorsqu’ on a des faces de replacement ou de glissement cela ne peut se produire. Des milliers de fois un effort peut bien porter l’os crochu hors de parallélisme avec le piramidal, mais autant de fois la pente lubrefiée de leur face de contact ramène promptement les deux pièces à leur arrangement le plus parfait. Je dis le plus parfait, car les deux os sont réunis ensemble à la position précise dans laquelle chaque convexité est placée dans sa concavité ; cela exige la lubricité des faces , et surtout par les cartilages qui tendent toujours à reprendre leur dilatation habituelle (1). Donc il n’y a de position possible, une seule exceptée, que celle détermi-

prominentiis plurimis ornatae sunt. ... et in propria secte coercentur. — • Caldani. Instit. anat. Yol. l.° p. 132.

(1) Cette dilatation ne vient jamais à manquer ; les cartilages étant, comme le dit M. Bourgery, en état à' élasticité permanente.

FACES DE REPLACEMENT

née par la distribution géométrique des parties relevées et concaves.

Voilà les conséquences qui découlent de cet arrangement. Le carpe de l’ouvrier octuagénaire peut être après tant de labeurs, après tant d’efforts, aussi bien assesté que celui d’ un homme de vingt ans ; et une main , lors même qu’elle est lassée par de longs travaux, ne sera pas déformée et aura chaque partie bien placée , et fonctionnante à perfection. D’ où chacun voit que la main a une probabilité de mille contre un de se conserver en état normal et parfaitement fonctionnant, malgré les tortures nombreuses auxquelles elle est exposée.

Nous avons signalé ici le premier effet des faces de glissement. En voici un autre. Lorsque l’extrémité toute entière (soit le bras, le carpe et la main) est soumise à une torsion violente , les pièces carpiennes sont affectées en diverses directions par le même coup. Supposons qu’ un effort tend à remuer ou à détourner le grand os de sa position; il cède au premier abord par la compressibilité de ses cartilages, mais il n’éffectue pas ce mouvement sans réagir sur toutes les faces des os environnants, tels que le trapézoïde et le crochu, à ses côtés, le et scaphoïde et semi-luné au-dessus. Et il réagit sur ces os de deux manières, d’abord par la répulsion des faces opérées par la superposition des protubérances , et ensuite par le tiraillement des faisceaux ligamenteux qui unissent une pièce osseuse aux autres. Ainsi, lorsque le grand os agit de la manière indiquée sur l’os crochu, celui-ci n’est pas le dernier à subir le coup du premier effort. Il tient à son tour des faces de contact et de

FACES DE REPLACEMENT

replacement avec le pyramidal , et le pyramidal avec le semi-luné. D’ autre part l’ action du grand os se fait sentir, comme nous avons dit, sur le trapézoïde, et par celui-ci sur le trapèze et après sur le scaphoïde etc. Enfin chaque pièce est en connexion avec l’autre, et elle entraîne sa voisine dans sa torsion; celle-ci agit de même auprès de celle qui l’approche, et ainsi de suite pour toutes les autres. Toutes se tiennent réciproquement par de nombreuses bandelettes de ligaments , de manière que les pièces carpiennes toutes ensemble forment du carpe un réseau de faisceaux ligamenteux, qui sont mis en action de résistance tout à la fois par les faces de glissement, ou de replacement (1).

Une pièce carpienne étant donc mise en communication avec toutes les autres , la résistance dont elle jouit est la somme de toutes les résistances des pièces carpiennes, et sa souplesse est la somme de toutes les souplesses qui jouent entre les mêmes pièces etc.

C’est alors que l’on comprend qu’un effort qui tombe

sur une pièce du carpe est copartagé par toutes les autres ;

qn -j'toïia luot eup eiéin^nt oh .ainmingH y.jjj; OTqoiq

"■oxV lus no jixofeo'i ;'.iÿ oo'ijd ni.) houout y mm Anodcr

(1) Mais un réseau , qui ne serait formé que par des li-

gaments , manquerait de solidité dans sa forme générale et de

la rigidité nécessaire. L’ association des ligaments avec des éléments osseux donne de la rigidité et de la ténacité. Le carpe ainsi constitué, sa forme fondamentale n’est jamais exposée au danger de s’ altérer, car les faces de replacement remettent à leur place géométriquement les pièces osseuses.

Une telle association de parties présente l.° incompressibilité , 2.° élasticité , 3.° mouvements intestins dans la plaque

carpienne en directions déterminées.

Page 1