‹ La théorie darwinienne et la création dite indépendanteChapitre 51 sur 125 · LA MAIN CHEZ LE TIGRE · texte numérisé non relu

LA MAIN CHEZ LE TIGRE

conditions particulières de fonction, et de conformation, qu’on rechercherait à tort dans les animaux, dont les doigts n’ont que des fonctions digitales, ou bien de simple support.

Toutefois lorsque le tigre entre en lutte avec une victime vivante , F action de ses pattes est tout-à-fait de préhension. Deux fonctions sont donc confiées aux métacarpes du tigre et du lion etc. l.° comme colonne de sustentation ; 2.° comme partie de la griffe pour s’ emparer d’ une victime.

Me proposant d’ examiner les extrémités du tigre sous ce double point de vue, je n’entrerais pas dans la description de F humérus et de F avant-bras. Il suffit de dire que l’articulation entre les deux est très-ferme, tandis qu’elle jouit d’une grande liberté et extension de mouvement. On peut en dire autant des rapports entre les deux os de l’avant-bras entre eux; le radius à sa tête condiloïde supérieure enfermée dans une cavité du cubitus en segment de cercle. Le processus de F olécrane très-prolongé est là pour montrer la puissance des leviers qui jouent dans le bras de cet animal, dont toutes les parties du corps présentent les qualités de force , d’ élasticité , d’ agilitô , de flexibilité , de souplesse que F on voit en effet dans l’animal en action.

Le carpe (1) a, à sa première série, deux os seulement: le scaplioïdo-luné , et le pyramidal; outre le pisiforme énormément développé. Le premier l’emporte de beaucoup en volume sur F autre , de manière qu’ il forme à lui seul la base du radius. Sa face supérieure offre une

(1) Planche YII. fi g. 1, et PL VIII.

O.Nsnmni lit0 Lit. G. Weni.

CARPE DU TIGRE

surface plate ail côté dorsal, -et protubérante au côté volaire. Cette protubérance s’enfonce dans une sinuosité du radius, qui au côté cubital s’avance dans une sinuosité du scaphoïdo-luné. Les deux os s’embrassent donc mutuellement; mais le scaphoïdo-luné présente en définitive une large base aplatie pour le radius. Une telle disposition rappelle un peu ce que l’on voit dans les os carpiens de l’élépliant, du rhinocéros, de 1’ hippopotame. Ici les éléments carpiens et le scaphoïdo-luné avant tous, sont coupés carrément, presque tabulaires; ce qui revient à dire qu’ ils ont des qualités appropriées à la fonction de pièces basales pour des membres de support.

On peut considérer en effet le scaphoïdo-luné comme une pièce principale de la colonne de support du tigre. En effet l’ humérus va s’ empiler sur la tête du radius qui lui présente une large face piano-concave; celui-ci est basé , comme nous venons de le dire , sur le scaphoïdoluné (1), et sous celui-ci vont se concentrer les efforts

(1) Planche VIL Fig. 1, r, et PL VIII.

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