EXPLICATION DE LA PLANCHE X
Métacarpe du Chien, et de 1’ Ours.
Fig. 1. Métacarpe, os crochu, et pyramidal du chien (grande race ).
a ) cinquième métacarpien — b) os crochu — c) os pyramidal.
Fig. 2. Métacarpe pollicaire de l’ ours.
a) tête articulaire — b) os sésamoïdal externe — c) carène. Fig. 3. Métacarpe de l’ index de l’ ours.
a) tête articulaire — b) os sésamoïdale externe — c) carène.
pas propres au tigre. Par exemple, les mœurs fouisseuses du chien et de l’ hyène réclament peut-être un renforcement au côté externe de la main. L’ étude d’ autres mains fouisseuses par excellence pourraient éclairer ce problème.
En venant maintenant aux parties molles , on voit sur les intéguments de la patte du chien une pelote en haut, correspondant à la tête du grand pisiforme ; une autre trilobée plus en bas qui correspond aux têtes inférieures des métacarpes ; et quatre plus petites sont à Y extrémité des doigts. Elles sont toutes convexes et souples, et lorsqu’on enlève les intéguments on trouve des brides ligamenteuses, qui relient la grande pelote trilobée, à la tête inférieure du métacarpe (1). Ce coussinet ou pelote n’ est donc pas simplement une excroissance, ou appendice du système cutané ; mais il est en dépendance , et en subordination de F appareil sésamoïdal qui appartient à la tête inférieure du métacarpe.
En effet de grands sésamoïdes allongés et comprimés sont au bas des quatre métacarpes. Ils sont placés aux côtés d’ une carène médiane de l’ os , très-relevée ; mais ici tout est moins prononcé que dans le tigre. Chaque paire est reliée par un tissu fibreux, robuste, formant une plaque coriacée, qui s’étend en haut jusqu’à la fin des sésamoïdes. Cette plaque ou lame élastique et très-résistante,
(1) L’insertion des cordes ligamenteuses se fait sur la capsule, ou canon cartilagineux qui contient les tendons fléchisseurs des doigts. Un cordon formé par des fibres ligamenteuses relie aussi au pisiforme sa pelote qui est, comme les autres, dépourvue de poils et usée de la même manière.
adhère par son bord inférieur à la base de la première phalange, dont elle suit les mouvements. Au bord supérieur, elle est en rapport avec un ventre musculaire qui est situé à la face volaire du métacarpe. En coupant quelques membranes ligamenteuses latérales qui brident cette plaque, on peut la soulever de Y os métacarpien. C’ est alors que l’on voit qu’elle est moulée exactement sur la tête carénée de cet os ; de manière qu’elle forme une section de troclée, dont les deux côtés sont occupés par les faces courbes et allongées des deux grands sêsamoïdes. L’humeur synoviale abondante qui humecte cette surface , complète les conditions d’une articulation trocléenne brisée.
La tête carénée du métacarpe y joue là dedans avec une grande extension et liberté, de même que la tête métacarpienne inférieure du cerf, ou du bœuf joue dans la cavité trocléaire de la première phalange.
Lorsque les phalanges onguéales du chien ou du tigre restent soulevées pendant Y acte de Y ambulation , alors les sêsamoïdes sont portés en bas , et se trouvent placés sous les points de pression de la tête métacarpienne sur le sol.
La rotation donc qui est exécutée par le métacarpe pendant la différente inclinaison qu’ il prend en changeant le pas, s’accomplit sur les sêsamoïdes, ou disons mieux sur cette espèce de troclée à demi-osseuse, et à demi-fibreuse (1).
(1) On dirait que le mot os sêsamoïdes est mal appliqué, à propos de ces crêtes osseuses, car elles ne sont ni globuleuses ni petites comme la graine de sêsamum , à la quelle ont été comparés les petits os humains. Ce sont plutôt chez le tigre etc. de vrais fragments de cordons trocléaires.
L’autre face de cette plaque fibreuse, ou face volaire, forme une gouttière par le relief des deux crêtes sésamoïdales réunies Tune à l’autre, sur le devant, par le tissu fibreux même; de manière qu’elle prend les formes d’un tuyau. En ouvrant celui-ci on y voit le tendon perforateur ou grand dépresseur du doigt parfaitement libre, tandis que le perforé est . en connexion supérieurement avec la plaque même.
Par cet exposé on voit que F appareil sésamoïdal sert sans doute à tenir les tendons à leur place , en leur donnant un passage circonscrit dans une gouttière, ou mieux dans un canal; mais on voit de même, que la forme, l’extension et la liberté dont jouissent les crêtes sésamoïdales se rapportent à la fonction de F ambulation.
Les phalanges de la partie tétractyle de la main jouent sur les têtes inféro-dorsales du métacarpe; mais ces têtes sont moins convexes que celles du tigre et un peu plus carrées.
Au pouce il n’y a rien de tout cela. La tête métacarpienne présente toute autre forme; elle n’a pas ce relief sphéroïdal si relevé et circonscrit par une profonde fosse dorsale; elle n’a qu’une petite carène latérale^ et un os sésamoïdal globulaire et très-petit. C’ est donc toute autre forme. Il serait superflu d’ ajouter que le pouce est très-petit, très-grêle, et qu’ il ne touche pas à terre; mais il jouit d’une grande versatilité; et par cette dernière propriété il étend T aire circulaire de la griffe, à laquelle il apporte un ongle plus acéré, car il est mieux garanti que les autres.
Les phalanges onguéales n’ont pas une articulation