‹ La théorie darwinienne et la création dite indépendante: Lettre a? Ch. DarwinChapitre 101 sur 129 · MÉTACARPES ET DOIGT» DBS CHÉIROPTÈRES · texte numérisé non relu

MÉTACARPES ET DOIGT» DBS CHÉIROPTÈRES

la même manière. En effet, de même que le radius est juxta-posé à T humérus, les doigts sont juxta-posés au radius (1).

On voit par là la singulière mécanique qui a été introduite dans la main des chéiroptères pour le service du vol. Les têtes supérieures des os métacarpiens ont reçu ici une liberté, et une indépendance de mouvements que l'on ne trouve ordinairement pas dans les mammifères, sans parler des métacarpes de l'homme que nous avons examinés ailleurs. Chez les chauves-souris, on voit même des faces de glissement entre les métacarpiens et les os correspondants du carpe, et encore entre un métacarpien et r autre. Faces nouvelles pour une organisation mammifère, dont les formes et les fonctions singulières sont là pour signaler des rapports nouveaux, qui mériteraient des études plus avancées. En revanche d'une telle liberté qui, à ce qui paraît à première vue, pourrait compromettre la stabilité des tiges métacarpiennes, chaque métacarpe a reçu des relations avec les os carpiens, moyennant les larges faces de contact supérieurement décrites, qui assurent la résistance individuelle de chaque tige.

On pourrait dire, en comparant les doigts des chéiroptères à ceux de l'homme, du tigre etc. que ce sont des doigts habituellement fléchis. Mais 09 peut noter une très-grande différence. Ni moi, ni le tigre, nous ne fléchirons jamais nos quatre doigts par des mouvements du métacarpe sur le carpe; car ces os sont ordinairement très-

(1) PI. XVIII. fig. 2.

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bien assurés sur le carpe pour qu* ils puissent s' incliner d'un minimum. Je renvoie pour cela à ce qu'on a dit à pag. 95 et suivantes.

Le troisième et le cinquième doigt sont les plus gros, comme nous l'avons dit, et ce sont ceux que l'on voit chargés de plus d'efiFort à supporter pour l'action du vol. Le troisième est la tige la plus longue et celle sur laquelle va se continuer l'axe do force de l'aile. Il a à son côté, et presque adhérent, l'index, qui vient à son aide et à son renfort. Le quatrième qui est intermédiaire entre le troisième et le cinquième jouissant de leur appui , est plus grêle qu'eux (1).

En regardant de près une chauve-souris à ailes ouvertes, on ne peut qu'être frappé d'une singularité qu'elle présente. C'est la maigreur piquante du bras et de l'a-

(1) La grosseur, ou T exiguité des quatre doigts des chauves-souris est subordonnée à la condition générale d'une . élasticité la plus grande que possible des tiges alaires, en accord avec la force nécessaire. Par là, le quatrième métacarpien plus court doit, dans sa brièveté, harmoniser par son élasticité avec le plus gros; qui malgré sa grosseur, étant plus long, présente une élasticité d' ui égal degré. Grosseur et brièveté excluent la flexibilité, ou l'élasticité. — On voit du reste combien d'économie savante est déployée jusque dans ces dernières constructions. Trouve-t-on toujours ces finesses dans les œuvres de Y intelligence humaine ? Pourra-t-on supposer d' en trouver avec fréquence dans les produits de la modification apportée par la lutte de V existence ou par la sélection naturelle inconsciente ?

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