MUSCLES DE L'ARTUS ANTÉRIEUR
Une fois les quatre doigts étendus, et Taile étant ouverte pour le vol, la résistance des tiges digitales à la percussion des colonnes d'air est plutôt passive, car ces tiges trouvent leur point d'appui dans les formes osseuses, carpo-métacarpiennes, plus que dans les muscles dépresseurs.
Donc r économie du système musculaire signalé dans r humérus , n' est pas bornée à la région de cet os là seulement, mais elle s' étend aussi, sous des conditions qu'il serait difficile d'exposer ici, à l' avant-bras et à la main.
Autant l'action de la main est diminuée chez les chéiroptères surtout insectivores, autant s'accroît en revanche l'action de l'artus entier par la percussion itérative, répétée et soutenue avec une rapidité étonnante. De même avec la diminution et l'appauvrissement de l'appareil musculaire de l'artus, s'est accru le grand développement des muscles thoraciques; dont le grand pectoral , dit Meckel (6, p. 276), « à lui seul est plus volumineux que tous les autres muscles réunis de cet animal » (1).
(1) L' observation de Meckel , est sans doute un fait charmant pour les fauteurs de la doctrine du halancetyient des organes. Autant les muscles ou les os etc. d' une partie du corps de T animal, ont reçu de développement, autant ceux d' une autre partie ont perdu de leur grandeur et de leur importance. — C'est vrai — M. Is. Géoffr. St. Hilaire a bien de milliers de faits pour appuyer sa brillante théorie. En effet le kanguroo et les dipus n' ont-ils pas réduit leurs extrémités antérieures d' autant que les postérieures ont gagné de grandeur? Os, muscles, vaisseaux, nerfe, tout est agrandi à la moitié postérieure du corps de ces animaux et tout est ra-
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Nous avons signalé ci-dessus que le point d' attaehe du fléchisseur sur le radius se fait en bas à quelque dis-
petissé à T antérieure. D me semble pourtant qu^on n'avait qu'une seule doctrine à tirer de ces faits. Car tous ceux là et les milliers qu' on pourrait ajouter , rentrent péle-méle dans la raison mécanique la plus simple. Si on a monté le kanguroo pour la translation sur les extrémités postérieures seulement, on a dû faire deux choses: 1.^ concentrer aux parties postérieures des moyens de force proportionnés pour de telles translations ; 2.^ soustraire aux parties antérieures des organes de force qui resteraient inutiles d'après la construction nouvelle de l'animal. Il y a dans ce fait un transport de forces actives d'un point à un autre, car il y a transport de fonc-tions. A quoi bon deux moyens de déplacement si un seul suflSt ? A quoi bon donner au kanguroo des jambes antérieures comme celles du cerf , puisqu' elles seraient inutiles?... Et que dis-je inutiles ? Elles seraient en contradiction directe avec la construction postérieure. Pour utiliser la fabrique postérieure très-rationelle, il fallait mettre la moitié antérieure en harmonie avec la postérieure, n'est ce pas? Il fallait donc amoindrir celle-là le plus que possible ; il fallait la réduire au minimum ? De grandes jambes antérieures auraient rendu inutiles les postérieures. Un kanguroo avec quatre extrémités développées aurait été une absurdité, une erreur impardonnable en face des premières règles de mécanique. Alors que reste-t-il pour proclamer une loi de balancement des organes?
Là vie des chéiroptères était pour le vol, non pour la marche. Eh bienl II fallait donc établir les forces là où résidait le centre d' action. On pouvait par conséquent, ou mieux, on devait abandonner le reste. Les jambes ne servent à la chauve-souris que de crochets. Mais il fallait de plus réduire autant que possible les parties qui demandaient la légèreté la plus grande. Donc grande évolution des muscles thoraciques, grande résistance à la caisse thoracique, grande