‹ La théorie darwinienne et la création dite indépendante: Lettre a? Ch. DarwinChapitre 105 sur 129 · MUSCLES DE L*ARTUS ANTÉRIEUR · texte numérisé non relu

MUSCLES DE L*ARTUS ANTÉRIEUR

tance de V articulation huméro-cubitale. Chez le Ptéroptis éduUs, par exemple, cette distance est de 0, 023 de l'angle interne huméro-radial , le bras étant fléchi ; et elle arrive

concentration des muscles sur le thorax, sur les épaules et sur r humérus supérieur, en atténuant les muscles de détail de tout r artus antérieur. C est-à-dire les atténuer là où n' était pas nécessaire un système de cordes musculaires plus grand que ce qu'il est: là où ce système, très-réduit, que Ton a, est parfaitement suffisant.

Le balancement des organes est évident; qui peut le nier? Mais il est également évident, que la raison vraie et celle qui jouit seule de consistance scientifique , est la raison ou nécessité mécanique. Elle demande deux choses: 1.® l'emploi des forces à leur place ; 2.^ \ exclusion de ce qui serait en contradiction avec la construction fondamentale.

« Le budjet de la nature étant fixe, une somme trop considérable affectée à une dépense, exige ailleurs une économie. » Goethe. — S' il arrive qu' un organe prenne un accroissement extraordinaire , T influence en devient sensible sur les parties voisines qui dès lors ne parviennent plus à leur développement habituel.... elles deviennent comme autant de rudiments qui témoignent en quelque sorte de la permanence du plan général. ( Géoff'r. St. Hil. Zool, gen, p. 94). D' autres savants ont dit que la tendance au balancement organique paraît entraîne» un état d'imperfection plus ou moins grand dans certaines parties de l' économie , lorsque d' autres parties acquièrent un grand développement, comme si la force vitale de l'animal ne pouvait suffire à un travail extraordinaire dans un point d' organisation, sans se retirer en quelque sorte des autres parties du corps afin de concentrer ses efforts sur un seul objet. (Milne Edward's, Elém, d' Hist. nat. 1871, et Van Beneden. Anat, comp, p. 211. — Géoffr. St. Hilaire. Taupe y pag. 22).

jusqu'à 0,028 si Ton mesure la distance d'une telle insertion à l'extrémité supérieure du radius (1). Dans la planche on voit que la corde tendineuse du fléchisseur du bras parcourt chez le Vespertilio murinus (2) une partie de son cours entièrement isolée, et va en outre du point de départ au point d'arrivée 'per breviarem. Considérée géométriquement, c' est là une pratique perfectionnée d'utiliser une corde, car on a là une force plus utilement appliquée. De manière que par un ventre musculaire plus petit qu'à l'ordinaire, on a bien pu obtenir la fonction de flexion du bras. On a pu épargner sur les muscles en volume et en poids, et perfectionner l'arrangement et l'action des cordes musculaires mêmes.

Certes ce système d' application des cordes motrices serait toujours préférable dans le cas où il y a des angles à serrer, ce qui a lieu dans tous les bras, dans toutes les jambes des vertébrés et des articulés. Cependant on ne trouve presque jamais, que je sache, un seul voyage per breviorem, ni l'abandon des cordes flectrices éloignées de l'os, dont elles sont une dépendance. C est un cas bien remarquable pourtant , que ï on trouve dans cette famille des chéiroptères. Du reste on n'a pas grand peine à comprendre que dans cette famille on ait pu impunément détacher ces cordes du bras , à cause que par la manière de fonctionner qui lui est propre, comme par la protection de la membrane alaire, ces cordes sont à l'abri de tout danger excogitable. Dans la généralité des cas, et dans le bras du gorille en particulier, leur mode d'agir ren-

(1) L'humérus de ce Ptéropus à 0,005 de grosseur.

(2) PL XX. fig. 2 a. '

drait trop exposées ces cordes tendineuses, si elles étaient isolées et loin de Y humérus ; c' est pour cela qu' on a dû les relier tout près de l'os, et même sur lui.

Or je le demande. Si un plan primordial a existé, sur la modification duquel ont été moulé^ tous les animaux et les chéiroptères mêmes; si ce prototype idéal était réglé sur un dessin fondamental en harmonie avec la grande généralité des animaux, pourquoi la même constitution ne s' est-ellfr pas conservée aussi dans la famille des chéiroptères comme dans les autres mammifères ? Il semble que r ttîtité de plan aurait demandé que les cordes brachiales fussent affichées à F humérus de la chauve-souris, comme elles le sont dans le gorille, et dans les autres.

Il faut dire que, V unité de plan n'ayant pas ici ses convenances respectées, le problême des cordes musculaires isolées doit être résolu par d' autres lois. La nécessité mécanique y trouverait-elle mieux son compte? Sans aucun doute, je crois. On peut l'annoncer positivement en disant que — partout où la nécessité mécanique a exigé l'application des cordes musculaires à l' os, on les trouve invariablement appliquées; mais là où la convenance mécanique a permis le meilleur emploi des lignes de force, par l'abandon des cordes, les cordes ont été abandonnées et libres. — L* unité de plan serait un principe rigide et aveugle qui, toujours routinier dans la même direction, n*'aurait pas de raison en lui-même de changer de voie. La nécessité ou la loi mécanique persiste tranquillement et rationellement dans sa voie, autant qu'elle a raison d'y persister; mais ellç change ses dispositions aussitôt

qu'il y a raison scientifique de changer. Elle agit 999 fois avec un tel mécanisme, une fois avec un autre. Mille fois les quatre doigts de la main des mammifères sont proportionnés entre eux; une fois le Aye-aye a un doigt plus long; mille fois T estomac a ses parois molles, une fois chez la Eachiodon scàber il a des pointes dentiformes. Jamais Y aspérartère ne rentre dans un canal osseux , une foi^ elle est introduite chez la grue. La loi de V unité de plan n* a pas , ce me semble , comment expliquer ces sauts abruptes, ces déviations instantanées d'un plan général, et constamment suivi. Les lois mécaniques l'expliquent aisément. Leur devise est application rationelle des moyens au but. Toutes les fois qu'un but nouveau se présente, elles introduisent un moyen nouveau; et l'introduisent encore pour un seul cas , s' il le faut. Voila le doigt de l' ayeaye, la lanterne de la fulgora, les dents du rachiodon etc.

Si pourtant quelqu'un, en voyant les cordes isolées de la chauve-souris, ou les dents stomacales du rachiodon^ portait son jugement comme il suit, c' est-à-dire, que la nécessité mécanique est ici clairement en fonction, pourrait-on lui dire qu'il a eu un grand tort? Et si procédant d' un pas plus avant, il disait que cette application directe des lois mécaniques semble nous mettre en vue de l'artiste intelligent qui, dans une seule occasion où il a pu, sans compromettre ses constructions, varier ses dispositions, a introduit un système nouveau qu' on ne trouve pas dans les autres animaux; dirait-on absolument qu'il rêve?

, Une dernière question touchant les chéiroptères.

NATURE MAMMIFÈRE ET OVIPARE 25a

Je ne sais pourquoi les oiseaux ont des plumes, et les mammifères des poils. C est un de ces faits primordiaux, qui ne sont pas encore bien à la portée des connaissances humaines. Mais ces diverses appartenances tégumentaires sont tellement propres, tellement constantes, tellement exclusives aux deux classes nommées qu' on peut croire qu'elles sont en dépendance essentielle avec T organisation de ces animaux. D' où je comprends qu' on ne pourrait improviser des plumes aux chauves-souris, sans changer de fond en comble leur nature, en la convertissant en celle d' oiseau. Donc si les plumes n' étaient pas de nature à être improvisées sur les chauves-souris, il est clair que pour donner une aile aux chauVes-souris il fallait utiliser ce qu'on avait de disponible, dans les bornes de la nature mammifère, c' est-à-dire utiliser les parties propres à la nature de mammifère — dilatation et extension des intéguments, et prolongement de tiges osseuses (1). —

(1) Sans me préoccuper de ce qui constitue la nature mammifère, je me borne à une seule observation. Dans les chauves-souris la multiplication de l'espèce est extrêmement bornée. On sait que les femelles des chéiroptères mettent bas un petit ou deux tout au plus. Trois ou quatre fœtus près de leur 'naissance auraient été déjà un fardeau imcorapatible avec r équilibre du corps de V animal sur le centre de gravité alaire. Il aurait fallu substituer une déposition successive d'œufe pour rendre possible une progéniture plus nombreuse que d'un ou deux petits. Il fallait substituer la génération ovipare à la vivipare. Tout le monde voit qu'une telle substitution attaque les fondements de l'organisation d'un animal, d'où il découle des conséquences sans nombres. C'est un raisonnement tout à fait pareil à celui que nous avons fait ailleurs à propos des cétacés (V. rétro pag. 198). Toutes les

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la mère; ou nature ovipare ou nature vivipare. Des conséquences sans nombre, et de la plus haute portée, suivent ce simple énoncé.

Le type mammifère étant donc quelque chose de constant et de déterminé , si 1* on voulait faire des mammifères volants, il fallait obtempérer à la nécessité mécanique, par les moyens disponibles dans la nature mammifère. G* était par les intéguments étendus, et par les phalanges allongées.

On ne me fera donc pas à présent une demande, contre laquelle j'ai voulu me prémunir. On ne me dira point: — Si Taile de T oiseau est le mieux des constructions mécaniques pour une rame aérienne, pourquoi ne la voit-on pas appliquée aux chauves-souris? — Si Ton me faisait une telle demande, voici ma réponse. Je crois, comme j*ai dit, à deux choses: 1.* à un ^j/pe mammifère fixe (1) , et 2.* aux lois mécaniques. Non pas à un type ca-

tient de la chaleur, les plexus incubatoires de la mère en donnent une source plus abondante. La mère est en repos; elle travaille pourtant continuellement à l'œuvre de la propagation de r espèce, mais tous ses moyens agissent dans la sphère de leur action normale. Aussi le vol n' est jamais interdit , ni empêché , et le nombre des petits n' a point de bornes restreintes telles que celles qui sont imposées par la nature mammifère aux chauves-souris.

(1) On me dira, peut-être: Vous admettez donc un type fondamental qui domine, et sur lequel est montée toute entière la classe des mammifères , ou des oiseaux etc. ? Sans doute je l'admets, mais (pour mieux expliquer ce que j'ai dit cidessus) je me garderai bien d' admettre un type arbitrairement choisi. Suivant des idées initiées par M. Geoffroy St. Hilaire

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