EXPLICATION DE L\ TLANCHE III
Faces de glissement de quelques os du carpe humain.
1) Face du trapèze de contact avec le trapézoïde (double grandeur),
2) Section de la même suivant la diagonale a. h.
3) Face du pyramidal de contact avec l'os crochu.
4) Section de la môme suivant la ligne a, b,
5) Face de l' os crochu de contact avec le pyramidal, position verticale.
6) id. position renversée.
7, 8) Faces de glissement schématiques.
SURFACES DE GUSSEMENT 66
élévations qui s' alternent avec de légères concavités, des sillons obtus, avec des crêtes émoussées (1). La face, du Trapèze, par exemple, qui s'annexe à celle dutrapézoïde est un parallélogramme (2) oblique, et un peu irrégulier dans ses pourtours, sur laquelle on peut distinguer une convexité marchante sur la diagonale a, 6, et une seconde convexité moindre sur la diagonale c, d. Les quatre angles du parallélogramme, ou les extrémités des diagonales, sont donc graduellement deux à deux plus déprimées que le milieu, qui pourtant est inégalement convexe. Les dépressions aussi bien que les convexités sont médiocrement prononcées; c'est pourquoi la surface paraît plus proprement ondulée, mais lisse et polie lorsqu' elle est revêtue de son cartilage (3).
(1) Voici la description donnée par Bourgerj des surfaces onduleuses à glissement. « Composées de facettes adjacentes alternativement convexes et concaves en sens opposé mais dont la saillie ou la profondeur sont peu prononcées, elles s'emboitent et se contiennent mutuellement » p. 142. « Tous les os du carpe, dit Bertin, et les bases de ceux du métacarpe, dans les différons efforts que nous faisons ou que nous soutenons avec la main, font de petites glissades les unes sur les autres, à la faveur des facettes polies dont ils sont recouverts, et nous donnent la faculté de mouler la figure de notre main sur la figure des corps que nous saisissons ou que nous poussons devant nous. » Bertin Ostëol, T. 3, p. 384.
(2) Dans ces descriptions on considère les os revêtus des cartilages.
(3) La surface du trapézoïde qui touche à celle du grand os , a la forme d' un segment de cercle interposé à deux parties plus ouvertes et plates. A la concavité de celle-ci correspond exactement la convexité offeiiie par le grand os.
66 SU&t^ACES DE GUSSEMENT
Si je passe à V observation de la face de contiguïté du pyramidal qui touche au crochu, jeYois qu elle n'est pas plate, mais qu'une légère concavité tordue en spirale descend de haut en bas bordée par une convexité qui s' étend elle-même en spirale. On peut dire qu'elle est bélicoïde; forme très-régulièrement déroulée suivant la longueur de l'os. (1).
Quelque section que l' on imagine exécutée perpendiculairement sur cette surface, ou bien sur celle du Tra- X)èze, on ne trouve jamais une ligne droite; c'est toujours une ligne ondulée, mais partout différemment ondulée (2). Et bien que les concavités et convexités soient distinctes et bien sensibles, néanmoins l'on passe assez doucement d'une partie relevée à l'autre déprimée, sans rehaussement ou dépression brusque: et le cartilage offre toujours les mêmes formes de l' os . adoucies par leur surface unie, lisse et polie.
Je ne puis m' occuper ici de la description entière et détaillée de ces faces de contiguïté , ni de celles des autres pièces carpiennes, ni remonter jusqu' à l' analyse complète d'une seule face de glissement. Ce serait une recherche de mécanique supérieure, à laquelle mes connaissances ne suflSraient pas. Mais pour ce qui regarde les deux faces
A chaque petit mouvement des deux os, les courbes ne se correspondent plus, et soumettent les ligaments à une tension, par le repoussement mutuel des deux surfaces.
(1) Planche III. Fig. 3.
(2) Planche III. Fig. 4 et Fig. 2.
SUHFACES DE GLISSEMENT 67
opposées à celles que nous avons nommées, dont Tune appartient au trapézoïde, l'autre au crochu, leur description se comprend en un seul mot, en disant qu'elles sont moulées exactement sur la face opposée. Toute conveidté de Tune répond en effet auf concavités de 1' autre, et y répond dans chaque point; en outre les cavités sont du même degré que les convexités opposées; ce sont des faces de réception-, qui se baisent sur tous lespoints. On peut presque dire qu'il y a là la correspondance de la médaille au coin. •
. Quand deux pièces carpicnnes sont res^tivement à leur place, il est clair que chaque protubérance est assise dans la cavité correspondante. Mais il est clair aussi qu'il n'y a qu'un seul point, une seule place suivant laquelle tout est bien arrêté. Aidons-nous par un exemple. Je suppose deux planches de bois, ou autres, sur une desquelles il y ait trois boutons relevés à distance et hors ligne; et sur l'autre, trois cavités parfaitement correspondantes (1). Si je pose la seconde sur la première planche de telle manière que le point a de 1' une corresponde au point a de l'autre, chaque bouton rentrera dans sa propre cavité, les deux planches se toucheront sur chaque point, et on pourra dire que les deux faces sont déosculantes partout. De plus par la construction supposée, comme le point a répond à 1' a de l'autre, de même les points J), c,d etc. répondront aux autres, et les deux planches seront symétriquement placées l'une sur r autre.
(1) Planche III. Fig. 7, 8.
68 EÉPULSION DES FACES DE 6USSEMENT
Supposons au contraire que, tournant une des deux planches, le point V réponde au point a. Les boutons ne trouveront plus de cavités pour entrer; les deux planches ne se touchent plus par leurs surfaces. Même raisonnement pour tous les points infinis de combinaison des deux planches. Donc il n' y a qu' un seul point de combinaison, une seule coUocation possible des deux surfaces. Là elles sont closes , elles sont à contact, et leur bords sont orientés. Dans toutes les autres combinaisons elles sont béantes et distantes.
Donc les surfaces du crochu avec le pyramidal , celles du trapézoï^ avec le trapèze etc. étant des surfaces respectivement concavo-convexes , à convexités hors ligne, elles n'ont qu'un seul placement de déosculation. Dans toutes les autres positions elles sont baillantes.
Les convexités des faces intercarpiennes sont très-peu élevées; nous l'avons déjà dit; et dans quelques cas ce sont plutôt des surfaces tordues , des ondulations légères , qui ne permettent pas, il est vrai, la déosculation d'une face avec son opposée, que dans un seul placement, mais qui permettent pourtant qu' une convexité puisse sortir ou glisser hors de sa concavité, permettant aux deux os d'exécuter quelques petits déplacements l'un sur l'autre. Ce qui mérite une attention particulière, c'est que par la forme même de chaque face, il arrive qu'au plus petit déplacement, déterminé par des mouvements que nous examinerons ailleurs, la convexité d'une face ne peut sortir du fond de la cavité qui la contenait, sans monter sur le penchant de la convexité, ou bosse de la face opposée. Or ou les os carpiens se trouvent posés à leur place, et alors chaque partie protubérante de leurs faces est em-
BÉPUIâlON DES FACES DE QUSSEMENT 69
boitée dans sa cavité de rencontre , les faces étant par là à contact et parfaitement fermées; ou bien la bosse sortant de sa cavité commence à ramper sur les convexités de son opposée, et alors les surfaces se repoussent nécessairement l'une r autre, et deviennent baillantes.
U faut bien remarquer ici que la distance qui résulte de cette répulsion, quelque petite qu'elle soit, se trouve en contraste avec la tension des ligaments externes, et s'effectue en totalité aux dépens de la compression des cartilages (1).
(1) Je crois que la supposition d' un petit mécanisme ne sera pas ici hors de propos, car elle peut servir à nous faire comprendre la fonction ou le jeu des éléments du carpe.
Supposons une sphère creuse élastique, de caouthchuc par exemple ; dans la cavité de laquelle on ait placé trois ou quatre pièces solides laissant dans leur milieu une cavité à section ovalaire. Or si dans cette cavité on place une tige pareillement ovalairo , et V on tourne cette tige , il est clair que les pièces internes seront remuées et déplacées V une de V autre, et tendront à dilater la sphère. Mais la torsion de la tige trouve bientôt une limite, aussitôt que la mesure de l'élasticité des parois est à son terme. Arrêté par là le mouvement de torsion de la tige, tout effort va mourir sur la ténacité des parois.
On peut encore améliorer ce même mécanisme. Que Ton imagine la sphère entourée de tous cotés par des cordes, s'il est possible, inextensibles. L'effort de dilatation interne, que nous avons supposée se produire par la torsion de la tige ovalaire , va réagir d' une autre manière. Il tend toujours à produire une dilatation des parois élastiques; cela est vrai; mais en effet, les parois élastiques étant enveloppées des cordes supposées inextensibles, Y effort produit une véritable compres-