‹ La théorie darwinienne et la création dite indépendante: Lettre a? Ch. DarwinChapitre 28 sur 129 · ORIENTATION DES PIÈCES CARPIENNES · texte numérisé non relu

ORIENTATION DES PIÈCES CARPIENNES

Il s'ensuit un effet important et immanquable. C'est qu'on obtient une parfaite orientation des pièces carpiennes entre elles. Certains métiers très-fatigants soumettent journellement la main de l'ouvrier à des efforts toujours répétés. Parmi les plus vulgaires le charpentier, le taillandier, le garde-freins, et bien d'autres, font exécuter à leurs mains des torsions tellement puissantes qu'on peut avec raison supposer qu'elles sont profondément affectées dans quelques-unes des leurs pièces du carpe. Or il est très-présumable qu' une répétition à l' infini des mêmes violences sur les mêmes pièces , pourrait apporter lentement hors de leur assise quelques-uns des os carpiens , si leurs faces étaient des faces plates. Mais lorsqu' on a des faces de replacement ou de glissement cela ne peut se produire. Des milliers de fois un effort peut bien porter l'os crochu hors de parallélisme avec le piramidal, mais autant de fois la pente lubrefiée de leur face de contact ramène promptement les deux pièces à leur arrangement le plus parfait. Je dis le plus parfait, car les deux os sont réunis ensemble à la position précise dans laquelle chaque convexité est placée dans sa concavité; cela exige la lubricité des faces, et surtout par les cartilages qui tendent toujours à reprendre leur dilatation habituelle (1). Donc il n' y a de position possible, une seule exceptée, que celle détermi-

prominentiis plurimis ornatae sunt, , , , et in propria sede coercentur, — Caldani. Instif, mmt. Vol. 1.^ p. 132.

(1) Cette dilatation ne vient jamais à manquer ; les cartilages étant, comme le dit M. Bourger)', en état à' élasticité permanente.

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née par la distribution géométrique des parties relevées et ooncaYes.

Voilà les conséquences qui découlent de cet arrangement. Le. carpe de T ouvrier octuagénaire peut être après tant de labeurs, après tant d'efforts, aussi bien assesté que celui d' un homme de vingt ans ; et une main , lors même qu'elle est lassée par de longs travaux, ne sera pas déformée et aura chaque partie bien placée , et fonctionnante à perfection. D'où chacun voit que la main a une probabilité de mille contre un de se conserver en état normal et parfaitement fonctionnant, malgré les tortures nombreuses auxquelles elle est exposée.

Nous avons signalé ici le premier effet des faces de glissement. En voici un autre. Lorsque l'extrémité toute entière (soit le bras, le carpe et la main) est soumise à une torsion violente, les pièces carpiennes sont affectées en diverses directions par le même coup. Supposons qu' un effort tend à remuer ou à détourner le grand os de sa position; il cède au premier abord par la compressibilité de ses cartilages, mais il n'effectue pas ce mouvement sans réagir sur toutes les faces des os environnants, tels que le trapézoïde et le crochu, à ses côtés, le et scaphoïde et semi-luné au-dessus. Et il réagit sur ces os de deux manières, d'abord par la répulsion des faces opérées par la superposition des protubérances , et ensuite par le tiraillement des faisceaux ligamenteux qui unissent une pièce osseuse aux autres. Ainsi, lorsque le grand os agit de la manière indiquée sur l'os crochu, celui-ci n'est pas le dernier à subir le coup du premier effort. Il tient à son tour des faces de contact et de

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replacement avec le pyramidal, et le pyramidal avec le semi-luné. D' autre part V action d^ii grand os se fait sentir, comme nous avons dit, sur le trapézoïde, et par celui-ci sur le trapèze et après sur le scaphoïde etc. Enfin chaque pièce est en connexion avec 1* autre, et elle entraîne sa voisine dans sa torsion; celle-ci agit de même auprès de celle qui l' approche , et ainsi de suite pour .toutes les autres. Toutes se tiennent réciproquement par de nombreuses bandelettes de ligaments, de manière que les pièces carpiennes toutes ensemble forment du carpe un réseau de faisceaux ligamenteux, qui sont mis en action de résistance tout à la fois par les faces de glissement, ou de replacement (1).

Une pièce carpienne étant donc mise en communication avec toutes les autres , la résistance dont elle jouit est la somme de toutes les résistances des pièces carpiennes,

et sa souplesse est la somme de toutes les souplesses qui jouent entre les mêmes pièces etc.

C'est alors que Ton comprend qu'un effort qui tombe sur une pièce du carpe est copartagé par toutes les autres ;

(1) Mais un réseau , qui ne serait formé que par des ligaments, manquerait de solidité dans sa forme générale et de la rigidité nécessaire. L' association des ligaments avec des éléments osseux donne de la rigidité et de la ténacité. Le carpe ainsi constitué, sa forme fondamentale n'est jamais exposée au danger de s' altérer, car les faces de replacement remettent à leur place géométriquement lès pièces osseuses.

Une telle association de parties présente 1.^ incompressibilité , 2.^ élasticité , 3.® mouvements intestins dans la plaque carpienne en directions déterminées.

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tentés cèdent un peu, mais toutes résistent aussi; et Y ac-* tien' dé- diviser ou d'adoucir les efforts, et de les modérer est l'œuvre solidaire de toutes les pièces carpiennes.

'•t' ' Certes, il n'y a aucun doute que la force ou la solidité. -des petits polyèdiMB carpiens, pris pièce à pièce, est très-remarquable, car, comme on vient de le voir, tout Te&brt dont chacune est chargée, est copartagé par tous les membres de la petite famille osseuse. Mais ce qui mérite tme considération toute spéciale , c' est qu' une torsion appliquée de la sorte sur le carpe, se traduit en un étirage en plusieurs sens de cordes ligamenteuses. La résistance du carpe est alors commensurée à la résistance des ligaments.

Mais les mouvements possibles entre les pièces carpiennes ont des limites, à la vérité très-restreintes. Car bientôt vient le moment dans lequel la compressibilité très-bornée des cartilages, et la presque inextensibilité des ligaments, mettent un terme au mouvement d'une face sur r autre. Le dernier obstacle à la progression de ce mouvement vient, comme on le voit, de la résistance qui est propre aux ligaments, de manière que tout effort appliqué aux pièces osseuses du carpe se résout en un violent tiraillement des ligaments. La rudesse donc des efforts subis par la main ou par le bras s' amoindrit à la fin, ou mieux va mourir sur deux systèmes non rigides, c' est-à-dire sur les cartilages et sur les ligaments. Elle se répartit sur plusieurs ressorts. Voilà la violence d' un coup porté contre l'élasticité et la ténacité de ces tissus, que nous venons de nommer; ce qui est autre chose que si l'on faisait tomber le coup ou l'effort sur un massif osseux

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