BASES DE RÉSISTENCE DU MÉTACARPE
côté volaire en concurrence avec le prolongement si remarquable du grand-os. (1). En arrière ce métacarpe a un bras en forme d'apophyse (2) reployé en haut sur le grand-os. Par son ensemble comme par ses fonctions on a ici une base à double dilatation. L'apophyse une fois reliée au grand-os par des ligaments, fonctionne, à peu près, comme un bras horizontal, et oflfre une résistance d' ordre supérieur contre les inclinaisons volaires et contre les déversements en arrière. Ce serait donc le cas supposé en troisième lieu (3) avec une construction différente. Et la construction adoptée pour la main de l'homme a le grand avantage de ne pas faire sortir le processus dorsal (4) hors du niveau des os constituant le dos de la main. Le métacarpe de l'index insiste pareillement sur la base offerte par le trapézoïde qui s'avance fortement au côté volaire. Mais ce métacarpe s' appuie encore au flanc du grand-os (5) , et s' avance sur lui jusqu' à sa pointe m au côté volaire. Par là ce métacarpe est très-bien basé
(1) PI. V. flg. 1 m. et PI. VI. fig. 4 c. En correspondance à r architecture des faces articulaires supérieures du IL et du III. métacarpien la tête inférieure du trapézoïde et du grand-os se dilatent d'arrière en avant. Le grand-os est surtout remarquable en ce que sa pointe c. s' avance fortement au côté volaire pour rejoindre le prolongement de la tête des deux métacarpiens , et en môme temps il présente au métacarpe de r index le long de son côté externe une face déprimée (PI. V. f. 1 c), ce qui est d' un grand appui à ce même second métacarpien.
(2) PI. VI. fîg. 4 e.
(3) PI. VI. fig. 1 c.
(4) PI. VI. fig. 4 e et PI. V. fig. 4 m.
(5) PI. V. fig. 1 c.
100 INTERVENTION DE L' ACTION MUSCULxURE
pour braver deux inclinaisons une en avant et V autre en arrière.
Mais la force principale de cette construction vient des cordes ligamenteuses situées aux extrémités. Tout ici est disposé pour une résistance la plus vigoureuse. Vous pouvez alors confier à la main en état de pronation l'exhaussement d'un poid, si l'on veut énorme, sans que r index et le doigt du milieu cèdent en s' inclinant vers le bas. Vous pourrez alors repousser un corps avec toute violence , sans cependant que ces mêmes os fléchissent en arrière. Si je ne me trompe ce sont des constructions d'une application évidente. Il en serait à peu près de même, je crois, pour tous les autres doigts, si à tous les autres on portait ce même examen (1).
Poursuivons donc, et n'oublions pas que tandis que la main lutte dans ces efforts, la résistance des pièces carpiennes et métacarpiennes est accrue par une autre cause agissant dans ce moment là. Si l'on considère le squelette de la main revêtue de ses tendons etc., on voit que l'action des muscles dépresseurs et élévateurs, qui de l' avant-bras se portent aux doigts , a pour effet d' étirer en haut le métacarpe sur le deiitocarpe, et celui-ci sur leprofocarpe (2). A l'occasion d'une prise énergique, par exemple, la traction musculaire est à son plus haut degré; et par-là les
(1) On dira peut-être que ces observations sont excessivement minutieuses, mais la science ne peut se passer de recherches approfondies.
(2) Protocarpe la première série du carpe, deutocmpe la seconde série.