MAIN CHEZ LES BRUTES — GÉNÉRAUTÉS
En abordant donc notre route, je vais concentrer mes considérations principalement sur le ca/rpe. Car c'est la partie qui peut de préférence faire naître des doutes sur la question actuelle. En eflfet on voit plus manifestement la nécessité, ou, si Ton veut, la convenance de deux, trois, quatre doigts, de leur longueur, de leur forme etc. en rapport avec les usages qu'en font les animaux, que d'un carpe de six pièces à la rame du phoque, ou de neuf à la palette de la taupe. D' après V organisation de la main de TAye-Aye (1) on a bien de quoi se persuader delà parfaite appropriation des instruments digitaux à la fonction, en surcroît de tant de précieux exemples que vous, Monsieur, avez enregistrés à propos des appropriations générales (2). On peut en dire à peu près autant des autres parties de Y artus^ le bras et l' avant-bras. Le carpe au contraire, par la multiplicité de ses éléments osseux et par l' obscurité de son action , laisse bien plus d' incertitude aux regardants. Il demande donc une attention toute particulière.
N' oublions pas que dans tous les vertébrés sans plume, exclus, bien entendu, les poissons, on n'a pas toujours un carpe ayant des pièces également nombreuses. Les plan-
(1) Voir les savantes illustrations faites par M. Owen et Peters.
(2) Voir Darwin Origine p. 6, pag. 96 etc.
Cependant puisqu'on a dit que deux des doigts du cochon
sont des superfluités, il faudra s'occuper quelque part de ce point , et d' autres parties que V on a manifestement proclamées inutiles^