‹ La théorie darwinienne et la création dite indépendante: Lettre a? Ch. DarwinChapitre 58 sur 129 · UNIFOKMITÉ DANS LA PATTE DE L' OURS · texte numérisé non relu

UNIFOKMITÉ DANS LA PATTE DE L' OURS

rique comme les autres. Tous les cinq métacarpiens de r ours sont, quant à leur tête inférieure, moulés clans la même forme; on ne pourrait presque pas les distinguer, si ce n' est à la grandeur; celui du pouce étant un peu plus petit.

Chez l'ours l'identité de fonction porte l'uniformité parfaite de conformation dans tous les doigts. Chez le tigre l'identité de fonction des quatre doigts entraine également l' unité de forme dans toutes les quatre. Le pouce en est tout-à-fait différent par la forme et par la fonction.

Or je le demande; en présence de faits si singuliers, que diront les deux doctrines , dont l' antagonisme est le sujet continuel de cette lettre ? U unité de plan n'exigeraitelle pas une certaine uniformité de construction à la tête inférieure du métacarpe de la main du tigre dans le pouce , comme dans les autres doigts? De plus cette uniformité quinaire, ne serait elle pas demandée par l' unité de plan en présence de l'uniformité quinaire de la main de l'ours? Enfin un pouce aux pieds de derrière du tigre, ne serait-il pas requis logiquement comme à sa main?

La réponse de la doctrine des actes de créatiœi indépendants est bien simple et facile. — Il y a uniformité de mécanisme partout, où un même mécanisme est demandé pour obtenir une même fonction. Il y a une différente constitution mécanique toutes les fois qu'on a besoin d'une fonction diverse. — Donc cinq métacarpes à tête uniforme dans l'ours qui emploie tous les cinq doigts à la même fonction digitigrade: de même que quatre uniformes et un différent à la main du tigre qui en emploie quatre à

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la double fonction digitigrade et dégriffé; un pour servir simplement à la griffe.'

Dans cette réponse il n'y a ni tiraillements ni nébulosité d'idées ou de phrases; il n'y a ni supposition de parties inutiles, ni de résidus anatomiques, ou des organes en voie de développement qui n'ont pas raison d'être. Dans cette réponse il y a l'application pure et simple d'un principe fondamental de toute œuvre rationelle — emploi de moyens proportionnés ait, but

Ceci nous semble une réponse et une explication sérieuse , qui jouit (T une cmtsistance scientifique.

Disons la phrase toute entière: qui seule jouit d'une consistance scientifique.

CniEN

La limitation des moyens d'observation dont j'ai pu disposer, ne m'ont pas permis des recherches sur les partics molles de la main du tigre (1). J'ai eu donc recours à l'examen de la patte de cet autre digitigrade, le chien. Plusieurs conditions anatomiques de celle-ci, sont fort bien applicables à l'autre.

Disons tout d' abord qm», de même ({ue dans le tigre, la main du chien a deux os au protocaiiK' , le scaphoïdoiunô, et le pyramidal, outre un très-grand ])isiibrme. Le premier a des formes bien moins prononcées (juc celles du tigre; la pointe a est surtout puu relevée; aussi les a])puis contre les coups de torsion sont infiniment moins forts (juc dans le tigre. Le trapézoïde pourtant est placé dans une concavité du scapoïdo-luné capable de dominer, commet face de replacement les efforts de torsion , aussi l)ien que ceux de latéralité (2). Le grand-os est petit, déprimé au

(1) Je dois pourtant témoigner ma reconnaissance aux Directeurs des Musi'ies de notre Université pour les objets fiu'avec tante de bienveillance ils ont mis a ma disposition.

(2) Les mouvements de torsion sur le carpe munis de ses parties molles , ont une certaine extension et facilité , mais comme on le comprend, on trouve bientôt des limites infranchissablos. La torsion avec abaissement du pouce est plus c'tentlue.

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