EXPLICATION DE LA PLANCHE XV
Nag^eoires.
Fig. L Nageoire d'un Ichthyosaurus.
Fig. 2. Nageoire d'un araphibien.
Fig. 3. Nageoire d'un poisson sélacien.
rt, à côté supéro-interne.
(Copiées de Gegenbauer. Grundzug. der Vergleichenden anatomie , Leipzig 1S70).
Fig. 4. Nageoires d'un poisson acanthoptérigien. «, â côté supéro-interne.
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fermes et rigides, et qui parfois sont de véritables aiguillons tout-à-fait inflexibles. Ce qui se trouve dans les acantlioptérigiens. Dans la nageoire même du sélacien, dont nous avons parlé (1), le côté supérieur a h est fourni en force et en résistance mieux que partout ailleurs. Mais il faut que ce côté a 6 se trouve à la place des rayons rigides des poissons osseux; c'est-à-dire qu'ils se trouvent tous sur l'axe de force de la nageoire, axe qui parcourt le côté supéro-interne de la nageoire.
Considérant d' après cela une nageoire pectorale de poisson, on voit qu'on peut y tracer deux lignes en deux directions, une de la base au sommet, l'autre du bord supérieur à l'inférieur: directions dont le caractère est d'une décroissance de force où de résistance. En d'autres mots ce sont les directions de la flexibilité croissante des nageoires, qui présentent par conséquent le caractère d'une élasticité distribuée sur leur surface par des règles déterminées. De manière que 1' instrument, lorsqu'il est mis en action, déploie une force élastique qui fait avancer ou tourner mollement 1' animal et sans secousses (2).
Si nous réunissons sous un seul point de vue général ce que nous avons analysé jusqu'ici, nous voyons que
(1) PI. XV. fig. 3 a, h.
(2) Les nageoires caudales des poissons, qu' elles soient fourchues ou rondes, sont renforcées par un double axe de force , placé de chaque côté. — Nous rappelerons ici en passant , que les palettes postérieures du phoque sont moulées de môme sur cette règle, ayant elles-mêmes deux grandes axes de force aux deux bords.
r élasticité d'une nageoire au fond est appuyée sur la forme rayonnée, les rayons étant constitués par un plus ou moins grand nombre de pièces mobiles les uns sur les autres.
Hors de la classe des poissons, on a encore des nageoires parmi d'autres vertébrés. On en a dans les reptiles, chez les ichthyosaures, par exemple; dont une nageoire (1) présente toujours la structure articulée et partiellement rayonnée, et dont la résistance est toujours décroissante, de la base au bout. Nous voyons paraître une division digitale associée à cette forme articulée dans la main d'une tortue de mer. En comparant le petit nombre d'articles d'une nageoires à' ichthyosaurus , ou de tortue de mer, avec le grand nombre de ceux qui composent les nageoires des poissons que nous avons figurés (2) , on voit combien serait limitée 1' élasticité produite par ces nageoires reptiliennes. Mais au complément de la quantité nécessaire d'élasticité reste le carpe, qui jouit encore de quelque développement dans ces animaux.
Revenons enfin aux mammifères. Nous trouverons des nageoires consacrées presqu'en totalité à la nage, chez les baleines, les rorquales, les dauphins etc. (3)
(1) Pi. XV. ûg. 1.
(2) Pi. XV. fig. 4.
(3) J'ai dit .presqu'en totalité, car on sait que la baleine, par exemple, emploie ses palettes pour embrasser son petit baleinau pendant T allaitement , et pour le soulager de la fatigue de la nage. D'autres, le dauphin, les lamantins etc.
Mais ils n'ont pas leurs mains comme les autres mammifères. Les trois phalanges que Ton compte toujours dans les mains normales, deviennent quatre, cinq, six, sept, huit, jusqu'à douze (1), suivant les doigts, et suivant les espèces. Elles n'ont même plus les facettes articulaires pour leurs mouvements déterminés; mais des cartilages en font les pièces d' union , et permettent une flexibilité qui n' est guère différente de celle des rayons des poissons que nous avons décrits. Cette construction se rapproche de celle des ichthyosaures , et des tortues de mer, c'est-à-dire, qu'on a une multiplication d'articles phalangiens. Le dauphin vulgaire a, par exemple, neuf articulations à l'index, qui représentent, dit Cuvier, le métacarpien et les phalanges. On en compte sept au troisième doigt, et quatre au quatrième. Chez le Glahioccplialus mêlas, on trouve treize phalanges à l'index et neuf au médian (2). Le carpe du dauphin a des nombreux éléments plats anguleux, pressés les uns sur les autres comme en pavé. Je n'aborde pas ici son analyse: mais il est clair que son action est sans aucune doute en concurrance avec la forme articulaire des doigts, pour donner à la palette la mollesse et l'élasticité nécessaire, en
n'ont pas leurs nageoires seulement pour battre Teau. Ils s' en servent encore pour ramper sur les rivages. Maintes fois ce sont des exercices de force qui ont requis des carpes plus ou moins osseux, avec des rudiments d'ongle.
(1) Bambèke, 1. c. p. 15.
(2) Van Beneden. Ostéogr. p. 26. — Voir notre Planche XVL fig. 1.
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même temps que la solidité de ses pièces carpiennes se rapporte sans nulle doute à des exercices de force (1).
Enfin encore plus avancé est le caractère de nageoire chez le rorqual, et chez la baleine (2); c'est-à-dire le caractère d'élasticité. Le carpe de la baleine (dit Dubar
(1) « Les os du carpe aplatis, comme les autres os de r extrémité antérieure , se juxtaposent en laissant entre eux peu ou pas d' intervalles remplis de cartilage. . . de la forme polygonale des os carpiens » (Bambèke p. 11) « la forme polygonale. . . diminue à mesure que la substance cartilagineuse les sépare » (ibid.) — Pour plus de détails voir encore — Todd. Cyclopédia etc. et Van Beneden Ostëographie des Cétacés.
(2) PI. XVI. fig. 2.