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diaux, en vertu de la sélection naturelle, ou, en termes plus explicites, sous l'influence avantageusement combinée du milieu, de la survivance des plus aptes dans la lutte pour la vie, et de l’hérédité. L'analogie consiste à élargir indéfiniment l'hypothèse transformiste et à l'appliquer à tous les faits observables, depuis la formation des mondes Stellaires, du système solaire, de notre globe, jusqu'à la genèse des sociétés et au développement des civilisations. Tout le monde conviendra qu’il n’y a dans cette vaste conception ni science proprement dite ni véritable philosophie. » (1)
La Civilta Catholica trouve également que les bases de la conception spencérienne ne sont pas solides, Ce sont, dit-elle, la constance de l'énergie, qui n’est qu'une hypothèse et non un axiome — et l’évolution qui n’est vraie que d’une façon limitée, le Darwinisme étant certainement faux. « Les fondements de l'édifice spencérien, conclut-elle, ne sont pas inébranlables, mais beaucoup de ses parties sont belles, fortes et en harmonie avec d’autres également belles et fortes. Y eut-il jamais, d’ailleurs, depuis Thalès jusqu’à nos jours, un philosophe qui ait élevé un édifice philosophique parfait dans toutes ses parties ? » (2)
L'article de la Civiltà fut critiqué par l’Unità Catolica (3) comme trop élogieux pour Spencer. Mais la Revue romaine maintint son appréciation. (4)
— L'évolution dans son acception la plus générale est un fait. Reste à voir si la succession des faunes et des flores est un phénomène d'évolution. Cela revient à demander si elle est un phénomène naturel. La question étant posée dans ces termes et abstraction faite de toute théorie particulière sur les facteurs de cette évolution, la réponse à faire ne semble plus guère douteuse à l’époque actuelle.
Nous souscrivons volontiers au jugement de J. Yverach, (1) La philosophie de Herbert Spencer. Revue Neo-Scolastique, Février 1898, p. 28.
(2) 1904 p. 104 (3) 19 Janvier 1904 (4) 6 Février 1904.
dans The Critical Review. (4) « Nous avons toujours ressenti et nous ressentons profondément aujourd’hui combien ce fut un malheur que la grande et féconde théorie de l'évolution ait été associée chez ses principaux auteurs et expositeurs avec des doctrines métaphysiques et autres qui n'ont aucune liaison avec elle: L'agnosticisme et l’évolution sont indépendants lun de l’autre... Nous regrettons que l'aspect agnostique de la philosophie de Spencer ait empêché de reconnaitre la valeur de la théorie de l’évolution ; car cette théorie a suscité des travaux féconds dans presque tous les départements dela connaissance humaine. »
Ceux qui condamnent la tendance matérialiste de la philosophie de Spencer, s'accordent, en général, pour reconnaître le caractère grandiose de son œuvre, l « abondance incroyable d'informations et une puissance de coordination, une énergie synthétique qui met cette vaste encyclopédie au service d’une seule et même idée dominante. » (2)
On comprend qu'en dehors de l’école spiritualiste la synthèse spencérienne a rencontré souvent une admiration enthousiaste et sans réserve. « La philosophie de Spencer, dit Gonzalez Serrano, avec son idée maîtresse de la conception biologique de lUnivers, constitue le plus grand eflort de la pensée moderne pour concilier les spéculations idéalistes avec les exigences scientifiques. » (3)
Le lecteur s'est aperçu que notre appréciation suit une voie moyenne entre la condamnation radicale et l'approbation absolue. Nous croyons que l’œuvre de Spencer et en particulier Les Premiers Principes renferment une part importante de doctrine vraie et originale. Il s’y trouve des pierres précieuses qu’il est possible de débarrasser de leurs gangues : c’est ce que nous avons tâché de réaliser,
(1) 1904, p. 104, (2) Revue de Théologie et de philosophie Janvier 1904 p. 78. (3) La Lectura Janvier 1904 p. 20,