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Recherches sur le penchant au crime, p

3. De l'influence du libre arbitre de l'homme sur les faits sociaux, et particulièrement sur le nombre des mariages. Bulletin de la Com« mission centrale de statistique, t. III, 1847, p. 137.

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la plupart des phénomènes naturels où notre libre arbitre n'intervient en aucune façon' ». En effet, de 1825 à 1845, « la population belge a payé son tribut au mariage avec plus de régularité qu'à la mort ». Si l'on distingue les mariages suivant qu'ils sont contractés à la ville ou à la campagne, entre garçons et filles, , garçons et veuves, veufs et filles, veufs et veuves, on trouve une constance surprenante ; elle s'observe jusque dans les provinces, bien que les nombres y soient plus faibles ^ Mais le résultat le plus inattendu est celui qu'on obtient en classant les mariages d'après les âges auxquels ils sont contractés. On retrouve la même constance. Ainsi le nombre des hommes de vingt-cinq à trente ans qui se sont mariés pendant les années 1841-1845 a été, pour les villes : 2.681,2.655, â.516, 2.698, 2.698 ; celui des femmes : 2.119, 2.012,

1. Sur l'homme et les lois de son développement, dans l'Annuaire de l'Observatoire de Bruxelles, 1840, p. 238-239. Cité par Lottin, p. 428, en note. « En 4 832 il avait constaté que le nombre des mariages varie dans des limites plus larges que les crimes, les naissances et les décès. Pénétré de cette idée, il passe, inattentif, à côté de la constance qui s'accusait dans les tableaux qu'il transcrit en 1835. Ce n'est qu'en 1839 qu'il constate la régularité avec laquelle les mariages se contractent d'année en année. » Lottin, p. 162.

2. De l'influence, etc. Il dira plus tard : « En Belgique, pendant les dix années de 1857 à 1866, on a compté annuellement pour un mariage à peu près le môme nombre d'habitants. Le rapport, qui était en 1855-1856 de 1 à 132, a diminué progressivement jusqu'en 1862 où il n'était plus que de 1 à 142, pour augmenter encore jusqu'en 1868 où il a paru revenir vers sa valeur première... La variabilité dans le nombre des mariages doit étonner par sa faiblesse... Cette régularité n'est pas moins étonnante que celle que j'ai fait remarquer depuis longtemps dans l'âge des mariés. Il en résulte qu'un des actes de l'homme qui, au premier abord, semble devoir être exposé aux plus fortes perturbations est au contraire de la régularité la plus grande. » Physique sociale, 1869, t. I, p. 258-261.

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1.981, 2.120, 2.133. Et il en est de môme pour les autres âges. Si on classe maintenant les mariages en tenant compte de l'âge des deux époux, la régularité subsiste, mf^me lorsqu il sagit de mariages qu'on pourrait trouver anormaux à raison de la forte différence d'âge. Si bien que Quetelet peut écrire : «Non, sans doute, le jeune homme de moins detrente ans qui épousaitune femme plusque sexagénaire n'étaitpoint poussé à cette union par une fatalité, ni par une aveugle passion ; il était mieux qu'aucun autre en position de raisonner, et d'exercer son libre arbitre dans toute sa plénitude ; cependant il est venu payer son tribut à cet autre budget... qui a été payé avec plus de régularité que celui qu'on paye au trésor de l'État ^ »

De ces observations, on peut conclure que tout se passe comme si la volonté individuelle était soumise, lorsqu'il s'agit du mariage, à des nécessités qui, demeurant les mêmes d'année en année, déterminent périodiquement les mêmes effets. «De ce point de vue, la régularité que nous remarquons dans les mariages doit s'expliquer non par la volonté des individus, mais par les habitudes de cet être concret que nous appelons un peuple, et que nous considérons comme doué d'une volonté propre et d'habitudes dont lui-même ne se libère qu'avec difficulté... Tout se passe comme si un peuple avait décidé de contracter chaque année exactement le même nombre de mariages, et de les répartir dans les mêmes proportions entre les différentes provinces, entre la ville et la campagne, entre

1. De l'influence, etc., p. 143. sqq. Cité par Lottin, p. 430. Il remarque aussi que chaque année, aux époques du carême et de lavent, le nombre des mariages subit une forte diminution.

les garçons, les filles, les veufs et les veuves ». « Quant aux différences qui apparaissent entre les pays sous ce rapport, elles s'expliquent par des « causes morales qui existent hors de l'individu et sont particulières à chaque peuple '-. » Ces causes morales n'ont pas essentiellement un caractère de fixité, comme les causes naturelles ; elles sont soumises à des fluctuations ; elles varient avec le temps. C'est que chaque peuple « possède également son individualité et l'on pourrait dire son libre arbitre^. »

L'idée de soumettre à la mesure les qualités morales de l'homme soulève bien des objections. « L'homme, dit Quetelet, apporte en naissant les germes de toutes les qualités qui se développent successivement et dans des proportions plus ou moins grandes... Le fait seul que nous remarquons ces écarts quand ils existent prouve déjà que nous avons le sentiment d'une loi générale de développement, et que même nous en faisons usage dans nos jugements. Je n'entreprends donc rien de nouveau, sinon de donner plus de précision à ces remarques*. » Mais cela est-il possible ?

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