Physique sociale, t. II, p
Quetelet remarque qu'on peut exprimer par des nombres les qualités de l'homme :
« 1° Quand les effets peuvent être estimés au moyen d'une mesure directe qui fasse connaître leur degré d'énergie, » Tels sont les effets « produits par la force, la vitesse, l'activité appliquée à des ouvrages matériels d'une même nature.
2° Quand ces qualités sont telles que leurs effets sont à peu près les mômes, et qu'elles sont en rapport avec la fréquence de ces effets : par exemple la fécondité des femmes, l'ivrognerie, etc. »
3" Enfin, « quand les causes sont telles qu'il faille avoir égard autant à la fréquence des effets qu'à leur énergie (quoique les difficultés deviennent alors très grandes, et même insolubles dans plusieurs cas d'après le peu de données que nous poss édons) » : par exemple le courage, la prudence, l'imagination . — « La question se simplifie le plus souvent lorsque les effets varient quant à l'énergie, mais se présentent néanmoins, sous leurs différentes modifications, dans des proportions à peu près semblables. On peut alors faire abstraction de l'énergie, et n'avoir égard qu'à la fréquence. » Tel est le cas pour le vol, pourvu que les observations soient nombreuses ^
Il semble bien impossible, par contre, de mesurer le génie ou le courage de différents hommes- Il faudrait mettre les hommes que l'on compare dans une position également favorable à l'accompHssement d'actes courageux, tenir compte chaque fois de ces actes, enfin « en recueillir un assez grand nombre pour que le jugement qu'on veut porter s'éloigne le moins