‹ La théorie de l'homme moyenChapitre 38 sur 65 · Physique sociale, t. II, p · texte numérisé non relu

Physique sociale, t. II, p

sairement selon la nature et la gravité des crimes. Il va en décroissant, des meurtres, tous connus, jusqu'aux délits dont on souffre peu et qui laissent peu d'indices. Il dépend donc de l'activité de la justice, du soin que mettent les coupables à se cacher, de la répugnance des lésés à se plaindre, ou de leur ignorance du tort qui leur est fait. /foutes ces causes demeurant les mêmes, mais alors seulement, leur effet, c'est-à-dire ce rapport, demeurera invariable. On est fondé d'ailleurs à admettre qu'il en est bien ainsi, quand on observe la constance étonnante avec laquelle se reproduisent annuellement les nombres qui se rapportent à la statistique des crimes^

Quelles sont les causes de la criminalité? Quetelet ne s'attarde pas à déterminer l'influence de l'instruction, ou de la pauvreté : les résultats des statistiques sont insuffisants à cet égard. Dans la classe la plus éclairée, on trouve plus d'aisance, mais sans doute non moins de passions, de sentiments de haine et de vengeance. « C'est de l'instruction morale qu'il faudrait tenir compte, car bien souvent l'instruction qu'on reçoit aux écoles n'offre qu'un moyen de plus pour

1. « J'ignore, et je ne saurai jamais, dit-il, si le nombre des crimes sur lesquels les tribunaux ont à prononcer forme le sixième, le septième ou telle autre partie que l'on voudra du nombre total des crimes. Ce qu'il importe de savoir, c'est que ce rapport ne varie pas d'une année à l'autre... La Belgique, avant 1830, ne donnait que le nombre officiel des crimes connus et poursuivis. Elle a publié depuis, pour les sept années de 1833 à 1839, le nombre des crimes connus mais qui sont restés sans poursuite parce que les auteurs étaient inconnus. Or ce dernier nombre a procédé d'année en année avec plus de régularité encore que celui des crimes poursuivis. Nul doute que la troisième catégorie [les crimes inconnus] ne présentât la môme régularité, si l'on parvenait jamais à la connaître. » Lettres sur la théorie des probabilités, p. 323 sqq.

commettre les crimes ^ » D'autre part, on trouve quelquefois le plus de moralité là où il y a le plus de pauvreté. « Ce sont les brusques alternatives d'un état à l'autre, du bien-être à la misère, qui donnent naissance au crime, surtout si ceux qui en souffrent sont entourés de sujets de tentation, et se trouvent irrités par l'aspect continuel du luxe et d'une inégalité de fortune qui les désespère ^. »

Les races, et les saisons, retiennent d'abord Quetelet. « La race pélagienne, répandue sur le versant méditerranéen et dans la Corse, se livre particulièrement à des attentats contre les personnes. Chez la race germanique, qui s'étend sur l'Alsace, le duché du Bas- Rhin, une partie de la Lorraine et des Pays-Bas, où le grand nombre de personnes et de choses fait naître plus d'occasions de commettre des crimes, où l'usage des boissons est fréquent..., on compte généralement beaucoup de crimes contre les propriétés et les personnes. Il en est de même des Bataves et des Frisons. La race celtique paraît la plus morale des trois races considérées, surtout en ce qui concerne les crimes contre les personnes : elle occupe la plus grande partie de la France et la partie wallonne de la Belgique'. » D'autre part, l'influence des saisons est

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