‹ La théorie de la monnaie au XIVe siècleChapitre 101 sur 361 · Ethiq., 1. V, c. 1 1 ; Glose Cest assavoir, I^XLIX, ro · texte numérisé non relu

Ethiq., 1. V, c. 1 1 ; Glose Cest assavoir, I^XLIX, ro

3. Politiq., 1. I, c. 10; Glose Car oste le cours, f XIX, y°.

206 LA DOCTRINE d'oRESME

La vérité, c'est donc que la monnaie n'a pas qu'une valeur purement fictive, c'est qu'elle a aussi une valeur intrinsèque réelle; qu'elle est « quant est de soi proffitable à vie humaine » (i). Si elle est de par son origine une création conventionnelle de l'industrie humaine {instriimentiim artificialiter adinventum) (2), il y a pourtant en elle quelque chose qui échappe à la convention, a Combien que son prix soit establi par volente humaine, toutes voies nécessite naturelle nous contraint ou meut à user de monnoie, et aussy est-il aucune matière qui est de sa nature plus propre à faire monnoie que une autre » (3). Cette condition, requise de la matière « dont on fait monnoie », Oresme nous l'explique en une autre glose des Politiques, c'est en définitive d'avoir une certaine valeur intrinsèque, d'être propre à d'autres usages courants. « La matière de quoy monoye doit estre quant est de soy de grant prix et de valeur pour faire vaisselle et autres instrumens précieux, si corne est or ou argent» (4).

Et non seulement la monnaie doit être ainsi une marchandise aijant de la valeur, mais cette valeur réelle doit à tout moment et exactement correspondre à son cours nominal, ou plutôt celui-ci n'en doit être que la traduc-

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