‹ La théorie de la monnaie au XIVe siècleChapitre 114 sur 361 · Tr.,c.3, p. 96— fr.XIV · texte numérisé non relu

Tr.,c.3, p. 96— fr.XIV

220 LA DOCTRINE d'ORESME

niorum minoriim) (i). L'adoption simultanée de l'or et de Targ-ent remplit très bien ce double but : l'or, proportionnellement plus rare, plus précieux, ayant une valeur notablement plus grande (2), les deux métaux se partagent le champ des opérations commerciales. Pourtant le prix encore trop élevé de l'argent a obligé dans la pratique à émettre encore des alliages de ce métal av-ec une matière inférieure, et de là est venue la monnaie de billon, dont nous nous occuperons tout à Theure (3).

Oresme admet donc concurremment lor et l'argent dans la circulation ; mais dans quelle position réciproque les deux métaux vont-ils se trouver vis-à-vis Tun de l'autre ? Auront-ils tous deux le caractère de monnaie légale, avec un égal pouvoir libératoire, avec aussi un rapport officiellement déterminé de valeur entre eux? Ou bien un seul aura-t-il la puissance libératoire indéfinie, l'autre étant relégué au rôle d'un billon d'appoint, n'ayant plus en raison qu'une valeur conventionnelle ? Oresme en un mot est-il bimétalliste ou monométalliste ?

11 ne s'en explique pas formellement ; pourtant il est aisé de voir que pour lui les deux métaux ne sont pas absolument sur le même pied: le métal type pour lui, l'étalon, si l'on veut employer ce terme assez inexact, c'est l'argent. C'est à l'argent, comme terme de comparaison, comme unité, qu'il rapporte le prix de l'or (4) ;

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