‹ La théorie de la monnaie au XIVe siècleChapitre 115 sur 361 · Tr., c. 3, p. 97 = fr. XIV · texte numérisé non relu

Tr., c. 3, p. 97 = fr. XIV

4 Secundum naluralem habitudinem ain'i ad argenivm » (Tr., c. 10, p. io5 =: fr. XXX). Cf. au même endroit la manière d'exprimer ce rapport, en prenant l'argent pour unité.

LA DOCTRINE d'oRESME 221

c'est par rapport à l'arg-ent que le pouvoir devra, dit-il, taxer le cours des pièces d"or (i) ; et lorsque le rapport naturel des métaux aura varié, c'est la monnaie d'or qu'il conviendra, suppose-t-il, de « muer w en valeur et en prix (2). Par sa tendance (ce n'est qu'une tendance, puisque en somme il reconnaît aux deux métaux un égal pouvoir libératoire) il serait donc plutôt monomélallisteargent ; et cela se conçoit à merveille, étant donné la rareté de l'or de son temps, et la prédominance incontestée depuis des siècles, de l'argent dans le système monétaire.

Ce qui complique passablement la question, c'est qu'Oresme paraît avoir fort bien vu que le rapport de valeur des métaux est constamment variable. Les différences sans doute sont peu fréquentes (3), souvent insensibles ; pourtant elles sont continuelles, et peuvent dans certains cas avoir des conséquences considérables. Un grave problème économique se présente donc, qui consiste à maintenir l'équivalence entre leur valeur intrinsèque et leur valeur légale (4), à « ajuster » comme on disait au temps d'Oresme « l'or à l'argent ».

Comment Oresme comprend-il le problème ? Le rapport de l'or à l'argent, suivant ce qu'il dit très nettement au chapitre X, n'est autre chose que celui de leur « préciosité » réciproque (5) ; il s'établit naturellement, suivant leur rareté et aussi leur désirabilité, par le jeu même de la production, combiné avec les demandes de

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