Traictie, Le Prologue du translateur, p. iv
2. Tr., c. 10, p. io5 =^ fr. XXX; c. i3, p. 111 = fr. XL. M. Cunningham a certainement lu trop rapidement ces passages du Trajté, pour n'avoir relevé expressément que le rapport 1/20, et pour écrire que c'est là le rapport normal pour Oresme. « Oresme assumes that 20 to i is the ordinary ratio of exchange between gold and silver (The growth of english indusirij, p. 320, I 108). C'est, croyons-nous, plutôt le rapport i/io qui exprimerait le mieux l'idée d'Oresme. Le rapport 1/8 que M. Blancard a re\e\é {Notice citée, p. i ) est évidemment la traduction de celui qu'Oresme indique au chapitre XIII, de 5 à 26. Mais dans le texte, Oresme ne l'indique que comme une possibilité fort vague.
LÀ DOCTRINE d'oRESME 225
traduction. Le texte français parle bien, en efFet, d'une « proportion de dix marcs d'arg-ent contre ung dor, si comme il expédient, et par les saiges seigneurs en ce cong-noissans ordonné /) (i) ; mais il faut remarquer, qu'il s'agit ici d'une mixtion à faire entre l'or et l'argent ; et la comparaison du texte latin nous montre même que la proportion indiquée au texte se rapportait originairement à la composition de la monnaie uoire, à la mixtion de cuivre et d'argent; le translateur ou le copiste a par inadvertance transporté ce chiffre à un alliage d'or et d argent.
En réalité, on ne peut faire aucun fondement sur les chiffres ici donnés par Oresme ; ces chiffres ont tout Fair d'avoir été choisis arbitraii*ement, à titre d'exemples ; seul peut-être le rapport de i à 20 paraît-il présenté comme normal. Et il n'est guère étonnant, au surplus, qu'Oresme ait été hésitant ; le rapport des métaux précieux venait de varier sous ses yeux en quelques années d'une façon si extraordinaire que les idées de l'économiste pouvaient ne pas être bien arrêtées à cet égard. Le rapport 1/20 semble en tout cas assez différent de celui qui fut pratiquement adopté, dans la réforme de Charles V (2).