‹ La théorie de la monnaie au XIVe siècleChapitre 133 sur 361 · Tract., c. 8, p. io5 = fr. XXVII · texte numérisé non relu

Tract., c. 8, p. io5 = fr. XXVII

2. Dans le Sermon pour le dimanche de la Septuagésime,surle texte Conientione facta cian Oj^erariis exdenario diurno, Oresrae distingue quatre éléments essentiels du numéraire ; la matière, la forme le prix mdi([ué (^script lira), V empreinte (fi r/ura). La scriptura doit se confondre évidemment avec ce qu'il appelle au Traité nppellatio. Au reste il est bien certain que cette division, amenée par la nécessité d'une exposition de théologie morale, ne peut être mise

donc en réalité trois procédés de mutation simple que nous devrions seulement trouver, soit en les rangeant dans l'ordre log-ique :

1° La mutation in matériel. Elle portera, suivant les cas, ou bien sur le choix de la substance unique dont est faite la monnaie, ou bien, plus couramment, sur le titre, lorsque celle-ci est faite d'un alliao-e de métal précieux;

2° La mutation in pondère, qui portera uniquement sur le poids des pièces ;

3° La mutation in appellacione, portant sur le prix en monnaie de compte assigné à la pièce métallique.

Oresme trouve pourtant cinq mutations simples ; mais c'est qu'il y range :

4" La mutation in proportione. Elle provient uniquement de ce fait qu'on emploie concurremment dans la circulation deux métaux précieux, entre lesquels il faut établir un rapport de valeur. Ce rapport, le pouvoir qui l'établit peut également le muer : il y aura alors ce qu'Oresme appelle mutation in proportione. Mais, à aller au fond des choses, cette mutation n'est pas un mode nouveau ; ce n'est qu'un cas particulier de la mutation in appellacione, cas qui mérite peut-être par son importance d'être étudié plus particulièrement, mais dont il n'eût pas fallu faire néanmoins une catégorie nouvelle, puisque, du moment qu'il y a mutation dans le rapport des métaux précieux, c'est qu'il y a forcément, pour l'un au moins des deux, une mutation in appellacione, par rapport à la monnaie de compte.

5° Quant au dernier procédé — qu'Oresme classe le premier, probablement parce qu'il lui paraît le plus simple — la mutation in Jîgurâ, ce n'est pas à propre-

en opposition avec la doctrine plus libre du Traité (Ms. lat. 16.895, f" 23, va 2» col).

ment parler une altération de monnaie, si du moins, comme il le suppose, il n'est joint à aucun des autres modes. S'il se présente isolé, en effet, c'est-à-dire si l'empreinte seule est modifiée, le poids, le titre et le cours des pièces restant les mêmes, nous nous trouvons tout simplement en présence d'une refonte totale ou partielle des espèces, opération sans intérêt économique particulier. Il ne faut pas oublier pourtant que, dans le cas où le prince est autorisé à percevoir un droit de seigi^neuriag-e sur les émissions, il peut avoir intérêt en fait à multiplier les refontes, pour multiplier aussi les occasions de percevoir son droit — et c'est pour cette raison sans doute qu'Oresme, qui considère les mutations surtout au point de vue du profit que le prince compte en retirer, a cru devoir y sig^naler un mode particulier de mutation (i).

Sous ces réserves donc, en prenant maintenant telle quelle la classification d'Oresme, nous pouvons le suivre dans l'étude détaillée qu'il fait du mécanisme de chacun de ces procédés ; nous les maintenons pourtant pour l'exposition dans l'ordre plus logique que nous avons indiqué, qui nous épargnera quelques répétitions.

a) Miitacion in mater ia (2)

C'est le chang-ement dans la composition même de la pièce. L'opération peut d'ailleurs se présenter sous deux aspects, avec un deg'ré bien différent de gravité^ selon que les espèces sont faites d'un raétalpur, ou d'un alliage (3). Ce dernier cas est de beaucoup le plus fré-

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