Tract., Ibidem. Cf., aussi c. 16, p. 117= fr. XLIX
4. « Praeterea his durantibus mulationibus, reditus pecuniae, pensiones annuales, locagia, censivœ et similia, non possunt bene et juste taxari seu appreciari ut notum est -> (Tract., c. 20, p. 124= fr. LXI). Cf., aussi c. 8, p. iô5 = fr. XXVI ; c. ii, p. 108= fr. XXXVI.
LA CRITIQUE DE LA COiNCEPTION FÉODALE 259
quelles injustices, quels préjudices, ne doit pas entraîner la variation affolée de l'étalon monétaire, qu'on avait justement choisi pour sa fixité! Sans raison valable, et contre toute justice, du jour au lendemain les redevances établies se trouvent subitement accrues ou diminuées, au détriment tantôt du créancier, tantôt du débiteur, au plus grand dommage toujours de la foi des contrats (i). Trois pièces d'or d'un aloi douteux acquittent la rente qui en demandait cinq ou six d'un métal pur, parce qu'il a plu au prince de hausser le prix de l'or dans cette proportion ; et demain peut-être un nouvel acte arbitraire décidera qu'il en faut donner, pour la même rente, sept ou dix, ou plus encore. C'est l'appauvrissement, souvent la ruine certaine, pour toute une partie, la plus saine et la plus laborieuse de la population (2), tandis que, dans l'entourag^e immédiat du prince, la troupe des courtisans, des billonneurs et des changeurs, qui a connu à temps les mesures projetées, s'enrichit, contra Deum et jiistitiam (3), des abus d'une spéculation effrénée.
3° Accaparement des métaux précieux. — Dommage des particuliers, gain du prince. Les mutations monétaires ruinent le peuple, pour enrichir le roi (4)- Toute la richesse publique afflue vers le centre, et cette concentration de la richesse est, dit Oresme, un autre mal, plus grave encore, économiquement parlant.
i. Statim patet, quod cum inconvenientibus prsedictis hujusmodi reditus ex tali mutatione proportionaliter minuerentur, aut crescerent irrationabiliter et injuste, ac etiam in praejudicium multorum » (Tract., c. i5, p. ii5 = fr. XLV ; cf. c. 21, p. ia5 = fr. LXIIl).