Tract., c. 25, p. 1-214 = fr. LXXVIII
nation (i). Par elles, il s'habitue à rechercher plus son propre intérêt que le bien g-énéral et par là nécessairement il verse à la tyrannie (2). Par elles enfin, les rangs sociaux sont bouleversés, les fortunes privées irrémédiablement compromises ; et tandis que la meilleure partie de la communauté, les classes vraiment productives et utiles, sont appauvries et grevées, les plus mauvais éléments, ceux « dont la négociation est vile », les manieurs d'argent et les courtisans dont les conseils corrompus ont conduit le prince à ces exactions, s'enrichissent scandaleusement de gains frauduleux et de malhonnêtes spéculations (3).
De ces maux, de ce renversement scandaleux de ses notions de justice (4), le peuple, dit Oresme, s'en prendra nécessairement au prince, cause première moralement responsable^ et c'est ainsi qne les mutations déposeront entre lui et ses sujets un élément de désaffection, qui pourra germer en révolution (Ex hoc oritur scandalum et murmur in populo etpericulum inobedientiœ) (5). Tyrannie en haut, asservissement en bas, ce sont là en effet de mauvaises conditions pour la durée d'un Etat. La tyrannie, Oresme le démontre avec complaisance, ne peut « longuement durer » (6), et c'est à une tyrannie
1. « Quantum princeps accipit de lucro, tantum necesse est ipsam coraniunitatem fiabere de damno » (Tract., c. i5, p. ii5 = fr XLVI).
2. Tract., c. 19, p. 122 = fr. LVIII ; c. 26, p. i38 = fr. LXXXIII.