Traictie, c. 8, p. XXVI = lat io
2. Ethiques, I. V, c. II. Texte, f° L, v". La traduction latine qu'Oresme a utilist'e disait : Vult enim manere magis. Aux Politiques, il reproduit la même formule, évidemment heureuse, et qui lui a plu : « Monnoye de sa nature veult demourer en ung estât» (La Pohtiqued'Aristote, 1. I, c. 10. Glose, Car les gens, f" XIX, r").
une règle et comme une loy » (i), « être certaine et durable » (2) puisque jamais, sans évidente nécessité, « ne se doivent muer les premières lois, statuts et ordonnances touchant la communaulté » (3).
Monnoie veiilt demoiirer, de par sa nature encore — c'est là en réalité l'argument capital de la nouvelle théorie et l'innovation essentielle d'Oresme — parce qu'elle a été instituée pour être toujours l'équivalent invariable des valeurs, parce qu'elle doit être garant, être plege de la valeur des choses. Si le plege n'est point sûr, si la solvabilité du garant devient incertaine, les contrats ne sont plus que fraude et déception. Les rentes annuelles, les pensions des fonctionnaires, les prestations périodiques, sont évaluées en numéraire; si la monnaie vient à varier, c'est lobjet même de tant de contrats qui sera injustement changé, ce sont tous les rapports sociaux qui deviendront boiteux (4).
Monnoie veiilt deniourer, donc, sous peine de n'être plus monnaie, demeurer dans toutes les qualités essentielles qui la constituent, dans sa matière, dans son poids et dans son titre (débet esse vera et justa in pondère et substantia) (5), dans ses qualités extrinsèques aussi, dans son appellation et dans son cours légal (débet
1. Ethiques, 1. V, c. ii, Glose Cest assez -plus, fo L. Les arguments étymologiques assez puérils quOresrae apporte à l'appui de son opinion, ne doivent pas être pourtant absolument négligés ; ils indiquent en effet à quel point était ancrée dans son esprit sa conception de XAnatureàn numéraire. Cf. Tract., c. i3, p. ii5 = fr. XLIL
2. La Politique d'Aristote, 1. I, c. lo. Glose Car les gens, fo XIX, vo.