Tract., c, 26, p. LXXXIV = lat. i
Bridrey 18
§ 3. — CondaBination du droit féodal de muer. Les exceptions au principe.
Les conséqtiences désastreuses des mutations devraient évidemment suffire pour faire renoncer le prince à ces expédients malheureux. Mais pour Oresme la prohibition des mutations n'est pas seulement imposée par leurs conséquences, elle est aussi et surtout la résultante log^ique de la doctrine de la monnaie telle qu'il l'a établie, et il entend l'élever maintenant à la hauteur d'une déclaration de principes.
lia monnaie ne doit pas être muée. Non pas seulement en tel ou tel cas, non pas seulement pour telle ou telle de ses conséquences ; mais parce que, par son origine, par son objet, par sa nature, par les fonctions qu'on lui a reconnues, elle demande avant tout à être stable et immuable ; parce que, pour remplir sa fin, pour être ordonnée suivant sa nature, « le prix de monnoye et son cours doit estre comme une ferme ordonnance que nullement ne se doit muer ne changer » (i), parce que, comme Oresme le dit aux Ethiques dans une formule plus particulièrement saisissante en sa concision, « monnoie veult demourer w (2).
Monnaie veiilt demourer, explique-t-il, de par sa nature d'abord. Elle est la mesure des choses, par laquelle s'apprécie et se compare la valeur des objets échangeables. Et toute mesure, de nécessité, doit rester « comme