‹ La théorie de la monnaie au XIVe siècleChapitre 162 sur 361 · Tract., c. 23, p. 129 = fr. LXIX · texte numérisé non relu

Tract., c. 23, p. 129 = fr. LXIX

5. Tract., c. 24, p. i3i =fr. LXXIII. M. Gh.Benoist explique sur ce texte : « Mais la communauté ne peut transmettre un droit qu'elle n'a pas, et se dessaisir de la monnaie, qui est la propriété sociale, la propriété sociale ayant ce caractère particulier qu'elle se prolonge dans le temps et qu'une génération ne peut engager le patrimoine de celle qui la suivra « [La politique de Charles V, p. 94)- Xous ne voyons pas qu'Oresme ait introduit ici l'idée de l'intérêt des générations futures ; et nous croyons très hasardé de défini)' précisément la monnaie, comme une propriété sociale sui-

La mutation enfin, ne doit être qu'une mesure transitoire. Sitôt la crise passée, dès que le métal aura reparu, dès que la circulation sera à nouveau suffisamment garnie, on devra revenir, sans larder, à une monnaie droite de poids et de titre(i). Toute mutation qui se prolong-erait trop lon<^temps en effet, toute mutation qui ne se justifierait plus par une véritable nécessité, qui tendrait à devenir pour la communauté une source rég^ulière de bénéfices, serait plus dang-ereuse peut-être que celle qui était pratiquée par le prince. Le prince serait d'ailleurs inévitablement tenté de s'en attribuer le bénéfice ; et l'on verrait l)ientôt renaître, sous une forme nouvelle, tous les dangers que l'on avait voulu écarter (2).

Oresme, comme on voit, a multiplié les précautions contre les surprises du droit de muer, reconnu par lui à la cammunauté ; il eût été plus saçe peut-être de ne pas rouvrir au régime monétaire domanial cette porte par où un des expédients les plus dangereux du système a pénétré dans la doctrine. Mais il eût fallu pour cela avoir une politique financière générale bien arrêtée, et c'est, comme nous le verrons mieux dans notre seconde partie, ce à quoi ni Oresme ni Charles V n'ont jamais pu atteindre.

vant Oresme. Oresme, nous le savons, a toujours évité de s'expliquer nettement sur ce qu'il entend par la communauté.

1. « Et si forsan communitas ipsa qualitercumque faceret talem mutationem, tune moneta citius quam potest reducenda est ad statum debilum et permanentem, et cessare débet caplio lucri super istam monetam » (Tr., c. 22, p. 128 = fr. LXVII).

Page 1