‹ La théorie de la monnaie au XIVe siècleChapitre 164 sur 361 · Endemann, Studii'ii, II, p- i · texte numérisé non relu

Endemann, Studii'ii, II, p- i

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Lehrev des Oresniius) (i), c'est Buridan, et le prototype, à peine démarqué, du Traité^ ce sont ses Questions sur les Ethif/ues. La question XVII du livre V est le modèle où Oresnie a trouvé toute faite sa théorie des mutations, théorie qu'il s'est contenté de reproduire, en empruntant toutes les idées, quelquefois jusqu'aux termes mêmes (2).

L'accusation est très sérieuse évidemment. Sans doute, M. Kaulla n'a pas, quoi qu'il puisse croire, découvert absolument Buridan, ni même le lien qui rattache cet auteur à la doctrine monétaire d'Oresme. Déjà, en 1869, M. Jourdain,, dans son Mémoire que nous avons eu occasion fréquemment de citer, avait inséré de longs passag-es des Questions, et il avait relevé expressément à ce moment la similitude des idées avec le Z'rrt//^^' d'Oresme, chez qui il reconnaissait d'ailleurs « en progrès sensible, larg-ement développées, et revêtues cette fois d'une forme systématique, les idées principales énoncées par Buridan » (3). Et depuis, MM. Brantz, Espinas, ont aussi à plusieurs reprises sig'nalé l'antériorité de Buridan, et l'emprunt qu'a dû lui faire la doctrine du Traité {l\).

M. Kaulla, évidemment, a apporté dans la question une arg-umentation plus précise. Il s'est attaché à rapprocher l'un de l'autre, à opposer en quelque sorte verba verbis la question XVII du livre V des Ethiques et le Traité

I . Kaulla, Dev Lflirer des Oresniius, dans Zeitschrift fur die gesamte Staatswissenschaft, LX (1904), p. 455-462.

•2. Jourdain, loc. cit.. p. 26-3i . (Il cite uniquement la question XI sur le livre P"" des Politiques).

5. Buridan, in Politic. 1. I. Q. XI {éd. cit., fol. XV, ro). Il convient de joindre encore la question i3 du livre I^"", de usiiris ; la question 21 du livre III, Htriim in pecunia consistent divitiae {ih\d., fol. XIX, fol. XLV).

4. Brantz, Théories e'con., p. i5-i4, 179-180 ; Espinas, Hist. desiloctr. c'con , p. : 08-109.

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d'Oresme, et cette confrontation l'a mené à des constatations qu'il jug"e décisives.

Dans l'un et l'autre texte en effet M. Kaulla relève des similitudes plus qu'ordinaires. Les idées les plus typiques d'Oresme sur la nature de chose du numéraire, sur son rôle dans la circulation, l'exig-ence de l'identité de valeur entre le lingot et la monnaie frappée, l'interdiction générale des mutations, l'idée même du droit de la communauté et l'admission' de la mutation « propter commune bellum », toutes ces conceptions si caractéristiques du Traité se retrouvent dans la question XVII (i u Dans la forme, le parallèle est plus éloquent encore peut-être ; quand on rapproche, comme l'a fait M. Kaulla, la page de Buridan sur les causes de l'introduction du numéraire (2), ou le développement sur les conditions d'une bonne monnaie et les raisons qui ont fait choisir l'or et l'argent, des passages correspondants du Traité (3), on aperçoit autre chose qu'une similitude de doctrine : il y a entre les deux ouvrages des rencontres de mots, des phrases entières communes, qui ne peuvent s'expliquer autrement que par l'emprunt direct. Et encore M. Kaulla n'a faitle rapprochement qu'avec les Questions sur les Ethiques. S'il eût eu l'idée de comparer au Traité les Questions sur les Politiques du même Buridan, sa démonstration serait apparue bien plus éclatante encore, car là, dans la question XI du livre I", c'est toute la

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