‹ La théorie de la monnaie au XIVe siècleChapitre 168 sur 361 · Endemann, Studien, II, p. 189 et n. iQ · texte numérisé non relu

Endemann, Studien, II, p. 189 et n. iQ

A cet ég'ard donc, la critique de M. Endemaiin ne saurait être reçue qu'avec réserves et appelle nécessairement une mise au point. Certainement plusieurs des observations de M. Endemann sont justes; certainement on rencontre a\ant Oresme chez les canonistes des idées intéressantes sur la monnaie, sur les mutations particulièrement, et Oresme a pu leur faire quelques emprunts. Mais il faudrait, pour juger sûrement la question, avoir fait auparavant la discrimination de ce qui appartient dans la doctrine canonique aux canonistes antérieurs à Oresme et de ce qui lui est postérieur, il faudrait avoir établi sûrement l'état de la construction doctrinale et des notions déjà acquises, au moment où Oresme allait écrire le Traité, il faudrait enfin pouvoir préciser ce qu'il en a pris, — et c'est là ce que, dans l'étal de la science économique on n'a pu songer à faire encore.

Quant à l'argumentation de M. KauUa, elle serait la plus décisive, si elle ne se heurtait à une difficulté de date, qui est capitale. Les Questions sur les Ethiques et sur les Politiques soni-eWes antérieures à l'élaboration de la doctrine d Oresme ? M. Kaulla, à la suite de la plupart des modernes (i), et sur la foi des biographies courantes de Buridan, n'en a pas douté un instant : comme il croit Buridan mort vers i358(2), et comme il considère, avec M. Wolovvski, le Traité comme composé vers i373,la preuve lui paraît plus qu'évidente, que le Maître, en la circonstance a été Buridan, et que Oresme n'a été qu'un disciple attentif. Mais en réalité rien n'est moins sûr.

Tout d'abord, comme nous savons, ce n'est point de

1. Jourdain, toc. cit., p. 26 ; Espinas, H. doct. écon., p. 109. En sens inverse, Gsih. Naudé avait justement indiqué les Questions comme postérieures à Oresme {Bibl. polit., p. S^).

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