Traictie, Le prologue du translateur, p. IL
2. L. Cossa a déjà adressé ce reproche à l'ouvrage d'Endernann (//. doctr. économiq , p. iSg). En général pour la question monétaire, Bcunus, Govarruvias etGonzalezTellezparaissentavoir été les seules sources d'Endemann. Il n'a très certainement consulté directement ni Innocent IV, ni Hostiensis, car l'analyse qu'il fait de leur doctrine contient certaines erreurs, ou plutôt
en somme qu'il a uniquement comparé la doctrine d'Oresme, pour la déclarer non orig-inale.
Il y a évidemment dans cette argumentation un vice de méthode fort grave. Il est inadmissible d'abord, qu'alors qu'il attaque l'originalité d'Oresme au xivr siècle, M. Endemanu se serve pour le combattre de textes de toute date et de toute provenance. On ne doit opposer — la simple justice l'enseigne, — àOresme que des textes indubitablement antérieurs. Mais justement — c'est là le gros reproche que l'on peut faire au travail par ailleurs si nourri de M. Endemann — il lui est impossible, dans la forme d'exposition qu'il a adoptée, de distinguer les dates et de pouvoir séparer les moments de l'évolutiondoctrinale. La littérature canonique, du xii^ au xvii* siècle, forme pour lui un tout ; Brunus, Gonzalez Tellez, voisinent dans son exposition avec Accurse et saint Thomas (i), comme si nécessairement, des uns aux autres, la doctrine était demeurée sans changement, etcomme si dès le xiii^siècle elle avait atteint la plénitude et la précision de notions qu'elle a pu connaître plus tard. C'est là une première cause de confusion, et quand elle amène M. Endemann à dénier à Oresme la paternité de certaines idées, parce que ces idées se trouvent dans la doctrine canonique telle qiie l'expose Panormitanus (2), une cause manifeste d'erreur.
certaines déformations, qui sont Justement l'œuvre de Gonzalez Tellez, et qu une lecture directe lui eût certainement évitées. Pour Hostiensis en particulier, il indique sa doctrine monétaire comme exposée sous le canon quanto , alors que justement comme nous verrons, ce canoniste ne l'a point abordée à cette place ; M. Endemann avait trouvé cette citation inexacte dans Alb. Brunus et il l'a trop scrupuleusement reproduite (^Studien, II, p. 188, sq.).
1. V. Endemann, Stiidien, II, p. 187-188, et les notes, 14, i5, 16, 17, sq.