I. Cf. siiprà, chap. préliminaire, p
•2. Cam. Bloch : Jean Buridan philosophe du XI V^ siècle (i5oo- 1072), thèse manuscrite de l'Ecole des Chartes, année 1890. (V". le compte-rendu dans Positions des thèses de l'Ecole des Chartes, 1890, pp. 3 1-45).
5. Buridan, inPolitic, I, q. 1 1, f i5 ; I. q. i3, f° 21 r", 21 v"; I, q. i5, r» 25 r» ; I, q. 16', f" 24 r».
312 SOURCES DE LA DOCTRIiNE
pour frapper des francs (i), il est licite, dans ce cas, de muer cette espèce de pièces. Le renseig-nement est décisif. Caries pièces du woxnà'à francs n'ont été frappées, le fait est bien connu de tous les numismates, que par suite du mandement du 5 décembre i36o (2), point initial de la réforme monétaire de Charles V. C'est donc après celte date seulement qu'il faut reporter la composition des Questions.
Le point d'interrogation que M. Kaulla se pose en finissant, à savoir à qui Buridan lui-même a pu devoir les éléments de sa doctrine (3), se trouve ainsi levé d'une façon qu'il n'avait point vraisemblement prévue. Ce n'est pas Buridan, malgré le privilège de l'âg-e, qui fut le Maître dOresme dans la construction de la doctrine monétaire du rra/^e; c'est au contraire au Traité que les Questions, presque contemporaines probablement des Traductions, doivent leurs chapitres monétaires. Et cette conclusion, à la réflexion, ne surprend guère.
Les deux chapitres de Buridan sur la monnaie ont frappé tous les historiens par la franchise des idées, et par le « naturel du style ». Mais on peut bien dire que ce ne sont pas là des qualités habituelles à Buridan, et, sur place, -elles tranchent singulièrement avec le reste des Questions. Il n'est rien de plus creux et de plus mortellement ennuyeux que les Questions de Buridan ; Gabriel Naudé, qui n'était point tendre en ses jugements, dit dans sa Bibliographie Politique, que Buridan a composé sur les livres des Politiques « des questions frivoles et ineptes » (4), et franchement^ après lecture, il est difficile de
\. Buridan, in Politic, I, q. ii,3=iconcl. {éd. cit., foXVI, r"*).