‹ La théorie de la monnaie au XIVe siècleChapitre 171 sur 361 · Kaulla, loc. cit., j). ^Qi · texte numérisé non relu

Kaulla, loc. cit., j). ^Qi

4. u Paiilo post etiara Johannes Buridanus, celeberrimi noininis sophista, siios in lihros Politicorum Qua^stiones evulgavit,, sed

SOURCKS Dt: LA DOCTRIÎSK 313

s'élever contre son jugement sommaire. Ce sont deux ouvrages où la barbarie de la forme seule peut le disputer à la pauvreté du fond. En réalité, si les deux Questions sur les monnaies se trouvent par exception si franches d'allure, c'est qu'elles y sont venues d'emprunt. Buridan a pris au Traité toute la matière de ses développements, et l'exceptionnelle clarté de ces deux passages provient justement de ce qu'il y a reproduit l'ouvrage d'Oresme sans y presque rien changer.

Malgré tout, les idées si claires du Traité n ont point gagné à être versées dans la forme syllogistiqiie des Questions. Buridan a construit ses Questions comme des syllogismes enchaînés, où la suite du raisonnement est découpée en article numérotés, en notables, en premier, deuxième, troisième doutes, première, deuxième, troisième conclusion, resubdivisés à leur tour, pour la symétrie, en articles, notables, etc. (i). La forme est certainement la plus déplaisante qu'on puisse souhaiter. Si nos deux Questions sur la monnaie ont conservé malgré tout parmi les autres quelque clarté et quelque allure, ce n'est véritablement pas la faute de Buridan, qui a fait tout ce qui était en lui pour rendre incompréhensible la clarté de son modèle.

Il y a, comme on voit, beaucoup à rabattre des critiques formulées jusqu'ici sur l'originalité d'Oresme ; de ces critiques, les unes nous sont apparues vagues et imprécises, les autres, comme celle qui attribue à Buridan la paternité de la doctrine, sont définitivement à écarter. La question des sources pourtant reste posée.

nugaces, ineptas, ut ejusniodi scholasticoruin fere oninia » [/Jibl. polit., p. 37).

1. V. tout particulièrement la Q. 11 sur le livre le'' des Politiques {pd. cil., fo'* XV et XVI).

Il est incontestable que Oresme a eu des précurseurs, et que parmi les antécédents invoqués, Aristote, les canonistes, les commentateurs d'Aristote, ont pu avoir sur la formation de sa doctrine une certaine influence. Mais la portée de cette influence reste encore à déterminer.

Pour arriver à une solution sûre, le problème doit être repris, croyons-nous, sur des bases tout autres que celles où il a jusqu'ici été posé. Il ne suffit point d'avoir constaté l'existence d'une littérature monétaire avant Oresme, d'avoir retrouvé même, dans des œuvres de provenance diff"érente. des notions plus ou moins éparses, pour qu'on en doive conclure nécessairement à la nonoriginalité de la doctrine d'Oresme. Car en réalité le problème est double, la question a deux faces, qu'il n'eût point fallu confondre. Y a-t-il avant Oresme, et autour de lui une littérature et une doctrine monétaire ? Oresme procède-t-il directement, pour ses idées et sa construction théorique, de cette littérature et de cette doctrine? Ce sont là en somme deux questions bien distinctes, et dont les réponses ne sont pas nécessairement liées. Il peut y avoir eu à l'époque d'Oresme une littérature monétaire déjà considérable, sans qu'il y ait eu pour cela construction définitive dune doctrine systématique ; il se peut qu'il y ait eu déjà des notions théoriques bien dégag-ées, sans que la doctrine d'Oresme nécessairement en procède, sans qu'on doive lui refuser pour cela toute orig-inalité.

C'est à distinguer ces deux faces du problème que nous nous sommes, dans la discussion qui suit, particulièrement appliqué. Nous avons partagé par suite ce chapitre en deux sections. Dans la première, nous établissons, d'abord l'état de la littérature monétaire au milieu du xiv siècle, en contrôlant tout particulièrement les dates, de façon à pouvoir écarter du débat les auteurs

etles œuvres dedate postérieure à l'apparition àwTraité ; en second lieu l'état de la doctrine elle-même, en recherchant s'il y a véritablement alors une doctrine dégagée, ou s'il n'y a point plutôt, avec quelques notions seulement encore mal liées, des « opinions flottantes » et discutées entre des écoles rivales, en précisant en tout cas quelles notions peuvent être considérées dès lors comme définitivement acquises.

Ces deux points une fois établis, nous pouvons, dans une seconde section, aborder directement la question des sources, en recherchant, parla confrontation directe des œuvres et des doctrines, la part d'emprunt réel et la part d'originalité dans le Traité; nous nous attachons alors tout particulièrement à saisir les raisons qui font l'originalité et la valeur propre de la doctrine d'Oresme.

SECTION I

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