Polilic, I, 5. § 'ïc
peu ; il préfère nous dire assez longuement ce qu'elle n'est pas plutôt que ce qu'elle est, et ce n'est guère qu'indirectement, et par une sorte d'élimination que nous pouvons saisir ici sa pensée intime.
La monnaie, d'abord, n'est pas la richesse. Cela, Aristote le dit très formellement ( i). Elle n'est pas en effet propre par elle-même à satisfaire directement nos besoins : l'exemple de Midas mourant de faim sur ces monceaux d'or est resté classique dans l'école (2). La monnaie n'est pas, non plus, une marchandise, une chose comme les autres, parce qu'elle n'a pas en soi d'utilité ni de valeur propre, parce qu'il dépend de nous, par une nouvelle convention, de détruire ce qu'avait créé la première convention, de la faire déchoir de son rôle de monnaie, et de la rendre par là parfaitement inutile (3j.
Mais alors, qu'est-elle ? Il n'y a plus, semble-t-il, qu'un solution possible. Si la monnaie n'est ni la richesse absolument, ni même une richesse quelconque, si elle n'est pas un bien in reruni natura, si elle n'est qu'une valeur conventionnelle, c'est en réalité qu'elle est tout simplement un signe, le signe de la richesse, ou comme Aristote le dit lui-même, une futilité, un vain hochet (A-Âipo;) (4). A ce titre de sig-ne, elle représente les riches-