Politic, I
2. Ethic. V, 5. § i4- « Pro futura autem coramutatione, si non nihil indiget, quoniam erit si indigeat nuraisraa, puta fidejussor est nohis. Oportet eniin hoc ferenti onine accipere » [Antiq. tr., V, lect. 9, litt. g.j.
360 souRCKs d;-: la doctrine
second moment de rechange sera accompli, et il n'est pas permis d'isoler fictivement une des deux parties pour en faire un contrat particulier. Opération en deux moinenls de temps, lachat-vente reste toujours au fond un échange, et la monnaie n'en est que l'instrument. Il est impossible de dire que le premier échang'iste l'a reçue pour elle-même ; en elle-même elle n'est rien, elle n'est pas une chose échangeable, mais un moyen ; elle n'est pas une marchandise, mais une mesure. Tout au plus peut-on la considérer entre les mains de son possesseur, comme une sorte de garant (ol'ov t'"rjf,-rr^; (i). qui lui certifie que le second acte de l'opération s'accomplira quand et comme il le voudra.
Ainsi c'est sciemment, et c'est volontairement. qu'Aristote s'enferme dans cette conception étroite de la monnaie-mesure. Et cette conception même reste la note caractéristique de sa doctrine, et elle est grosse pour la suite des plus graves conséquences.
Car non seulement elle le conduit à nier le rôle de la monnaie comme capital, à proclamer ce fameux axiome de la stérilité de l'argent qui a si lourdement pesé sur la doctrine (2), mais c'est elle aussi qui l'amène à méconnaître ouvertement en fin de compte la nature même du numéraire.
Sur ce qu'est la monnaie de sa nature, à vrai dire,Aristote ne s'explique nulle part en termes exprès. Il y a là une définition toute abstraite, qui sans doute le tente
I. Le translateur a, comme on verra, très sensiblement altéré ce passage; il a transformé ce qui, dans Aristote, n'est qu'une comparaison, en une idenlifîcation absolue: au lieu ^de dire que la monnaie est oh-j iyyjr,?/;;. il traduit absolument « fidejussor est nobis ». Ce siniple déplacement dun mot a été, croyons-nous, capital dans la formation de la doctrine postérieure.