‹ La théorie de la monnaie au XIVe siècleChapitre 237 sur 361 · Ovdonn. du 16 janvier 1300^ A. S · texte numérisé non relu

Ovdonn. du 16 janvier 1300^ A. S

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fut qu'en etTel le système établi en décembre devait être légèrement retouché. Une nouvelle ordonnance du mois d'avril i36i (i opéra ces quelques remaniements, et le système d'espèces réformé apparut dès lors définitivement arrêté. Pour avoir une idée juste de l'ensemble de la réforme, il faut donc joindre à l'ordonnance du 5 décembre celle du lo avril i36[, qui n'enest en quelque sorte que le complément.

a) Espèces monétaires

L'Ordonnance du 5 décembre avait répudié entièrement le système des espèces en circulation, et créé du même coup une nouvelle série de pièces (2). La mesure est de celles qu'Oresme n'affectionne pas en général, mais elle était nécessaire en la circonstance, parce qu'il fallait avant tout liquider le passé. Depuis tant d'années que l'on changeait à tout propos les types, la dénomination des pièces, leur titre et leur poids, le S3^stème était en pleine confusion. Certaines des espèces anciennes avaient été démonétisées, d'autres gardées concurremment avec

1. Ordonii. (In 10 avril 1301 (III, 485 . Le manderaenl exécutoire envoyé aux officiers des monnaies le 16 avril présente une particularité bien curieuse : il est libellé au nom du peuple. La doctrine du droit de la communauté posée par Oresme reçoit ici une consécration éclatante (Arch. Xat. Z, 3149? fol- XLIII v°).

2. C'est par inadvertance certainement que M. Glasson {Hist. du droit et des institutions de la France, VI, 149^ écrit que « Charles V ne fit pas frapper de pièces nouvelles et qu'il lui suffit de donner aux anciennes une valeur en rapport avec leur poids et leur litre ». Le nouveau système était créé de toutes pièces, et le maintien de quelques-unes des anciennes pièces, admis en décembre i56o, ne devait être que provisoire.

les nouvelles frappes; de celles même qui étaient « abattues » les particuliers avaient le plus souvent refusé de se dessaisir, et il en restait un grand nombre dans la circulation. « Florins de Florence, deniers d'or au mouton et à Tescu, et les florins contrefaiz, et autres, et aussi tartes, vaillans et compagnons... et par espécial gros vieils tournois, desquelz tous ou la plus grande partie ont este et sont contrefaiz », toutes ces pièces « de moindre valeur et poix qu'il ne deussent, apportez par faulx et malicieux marchans » (i), encombraient les transactions. Il fallait, pour ramener un peu d'ordre, pour que, comme le dit l'ordonnance « le commun peuple srut distinguer la bonne et la mauvaise monnoie, la vieille et la nouvelle », assainir d'abord la circulation, créer un système complet de pièces nouvelles, dont les dénominations ne prétassent pointa équivoque avec les appellations multiples de l'ancien système, et dont les espèces étant en même temps, s'il était possible (au rebours des pièces anciennes, presque toujours de titres et de poids arbitraires)

I. Seconde Onlonnnnce du 5 décembre 1360, préambule : « Nous a esté humblement supplié que, sur le fait et gouvernement de

nos monnoies. vueillions pourvoir et ordonner tellement que

à toutes Monnoyes d'or et d'argent, quelles qu'elles soyent, fêtes en nostre royaume et dehors, tant Florins de Florence, Deniers d'or au Mouton et à TEscu, et touts Florins quelz qu'ils soient, contrefaiz ou autres ; et aussi Tartes, vaillans. compagnons, comme autres monnoies blanches et noires, et par espécial aux vielz gros tournois, desquelz tous ou la plus grande partie ont esté et sont contrefaiz, et sont de meindre valeur en poix et en loy qu'ils ne deussent, aportez par faulx et malicieux marchans, et desquelz tout nostre dit peuple par ignorance est remply a très grant déception, soient ostez les cours du tout, et que icelles ne soient prinses en aucune manière, fors au marc pour billon, aftin que ceste présente nostre ordonnance puisse avoir son plain effect, et longuement tenir et durer en sa vertu » (Ord. fil, 4-^9) •

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ordonnées dans un rapport simple les unes avec les autres, constituassent un système monétaire homogène ]og"iquement construit, et ((de figure et quantité, comme dit Oresme, habile à traicter et à nombrer » (i).

Le système créé en décembre i36o et avril i36i vise manifestement à cette unité et à cette simplicité. Les pièces sont établies suivant une gradation simple les unes vis-à-vis des autres, et visiblement aussi dans un rapport aussi simple que l'on a pu avec la monnaie de compte. Mais le résultat ne fut pas acquis du premier coup.

La première ordonnance, celle du 5 décembre (2), avait créé une pièce d'or nouvelle, le franc d'or^ dont on taillait 63 au marc, de manière à leur donner la valeur ronde d'une livre tournois. Puis, dans un métal argent assez allayé, à 4 d. 12 gr., elle avait établi une pièce nouvelle, le denier aux fleurs de lys, de 4 s. 6 d. de poids au marc, dont le cours était fixé à 10 den. t.

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