‹ La théorie de la monnaie au XIVe siècleChapitre 243 sur 361 · Ord. 5 décembre 1360, A. 2 (III, 455) Le Ms. 4533 : « Du · texte numérisé non relu

Ord. 5 décembre 1360, A. 2 (III, 455) Le Ms. 4533 : « Du

12' jour de janvier i36o feist len deniers francs d'or fin, de

63 de poix au marc, et eurent cours pour 20 s. tz pièce, et donnoit on du marc d or fin 60 Ib. t. » (de Saulcy, op cit., I, p. ^i).

dit, de prime abord de véritable pièce dans ce métal ; mais lorsqu'on en créa une^ au mois d'avril, on lui donna du coup le plus haut titre : 12 deniers (i). C'était aussi du métal pur.

Le fait est d'autant plus digne de remarque, que c'était là. au moins pour l'argent, une innovation. La monnaie d'or s'était toujours maintenue à un titre élevé; même aux époques les plus troublées du règne du roi Jean et de la régence, elle n'était jamais descendue au-dessous de 18 karats (2), et le royal d'or qui courait depuis le 3i août i.S.58 était une pièce d'or fin. Mais pour l'argent, on ne connaissait plus, depuis déjà un demi-siècle, de véritable monnaie d argent ; on n'avait qu'un billon plus ou moins altéré. Le gros de saint Louis, la plus haute pièce du système, était progressivement descendu jusqu'à moins de 3 et de 2 deniers de loy (3), et à la veille de la réforme, le gros du 3o août i36o était encore à 4 d. seulement. Le nouveau gros était au contraire à 12 deniers de loy, c'est-à-dire au titre même de l'ancien gros de saint Louis, qui ne contenait en réalité que 23/24 de fin. Le demi-gros créé en même temps était frappé au même titre élevé.

Le reste de la circulation n'était que de l'alliage (4),

I. Mand. 14 avril 13G1 : « Que Ton face faire et ouvrer gros tournois d'argent, (|ui auront cours pour iii deniers parisis pièce, lesquels seront à 12 den. de loy argent le roy, et de ^ sols de poix au marc de Paris, l'^t demy gros tournois d'argent, alloyez a icelle loy. qui auront cours pour 6 d. parisis la pièce, et seront de 14 s. de poix au marc » {Ovd. III. l\^Q).

1. Ord. 24sept''mbre 1351 (111, 4p8) ; 22 noiU 1358 (III, a^fi).

3. Ord. 27 mars 1359 : « Gros blancs à 2 d. de loy, de 64 de taille au marc, au cours de 1 s. 5 d. t. » {Ord IIl, p. 400).

4. Oresme demandait, comme on sait, que Ton fît de la monnaie noire « pour 1rs aumosnes caritativcs dos povres gens ». Il

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mais un alliage encore assez haut vraiment. Le blanc aux fleurs de lys, créé en décembre, était* à 4 d. 12 gr. de loy, soit à plus d'un tiers de fin, alors que le blanc à la couronne qui courait précédemment n'avait titré que 2 d. 12 gr. (i). Les petits parisis et petits tournois étaient relevés, de i d. qu'ils titraient l'année précédente, à 2 d. et I d. 18 gr. respectivement ; et les doubles tournois qui furent créés en avril i36i, le furent sur le pied de 2 d. 12 gT. (2). C'était le titre le plus haut qu'ils eussent connu depuis long-temps, presque le titre des monnaies de saint Louis (3). Le seul inconvénient — mais il était tellement passé dans l'habitude qu'on n'y songeait plus, — c'était que chacune de ces pièces était frappée à un titre différent. A ce point de vue, l'unification ne devait jamais se faire, bien que dès i36i on ait amélioré la situation en réduisant au même titre le petit parisis et le petit tournois (4).

est curieux que les mêmes expressions traduisent la même idée, dans le préambule de l'Ordonnance du 5 décembre : « Nous ferons faire noire monnoie, par laquelle l'on pourra faire plus aisément des aulmonez a la pauvre gent » [Ord. 5 décembre 1300, III, 455).

1. Ord. 5 décembre 1360 (111,44 1). L"Ord.du 28 mai i56o dit de même : « Et petits deniers parisis et tournois, qui auront cours pour ung denier parisis et tournois pièce ; lesquelz parisis seront à 2 d. de loy, et de 16 solz de pois au marc ; et les petilz tournois à I d. 18 gr. de loy d'iceluy argent, et de 17 s. 6 d. de poix audit marc » (III, 409)-

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