‹ La théorie de la monnaie au XIVe siècleChapitre 259 sur 361 · Mandement du 19 juin 1370 {Ord. \, 5oi · texte numérisé non relu

Mandement du 19 juin 1370 {Ord. \, 5oi

2. ^L A. de Barthélémy remarque {Numismatique moderne, p. yi) que pour tout le règne de Charles V il n'y a qu'un type du franc d'or, un type aussi du denier d'or. Il y a trois variétés seulement de gros, fort peu différentes, et deux de blancs. Cette série de types correspond parfaitement à ce que nous savons de la politique monétaire du règne : les trois variétés de gros sont évidemment les pièces frappées successivement en i56o, i36i et i565, sur les pieds successifs 24*' 21'' et 24*'. La circulation était par suite on ne peut plus claire.

Il faut observer pourtant qu'il y eut quelques autres remaniements dans les pièces en circulation. Des pièces anciennes disparurent : d'autres furent créées, qui ne durèrent qu'un certain

Point de mutations in proportione : le rapport établi entre les métaux reste le même, c'est-à-dire fixé à 10,66, bien que celui du commerce ait dans l'intervalle assez sensiblement varié. La variation nétait pas considérée comme assez considérable évidemment, pour, aux termes du Traité;, justifier une mutation. « Se peu ou g"ueres estoit ce rapport mue, toutesfois ceste chose n'appartient nullement au prince de faire. »

N'y eut-il point cependant, vers la fin du règne, quelques chang-ements dans le titre des pièces (mutations in materia) ? La plupart des historiens l'ont cru, et M. de Wailly, dans son travail (i), a compté à cet égard huit mutations de i366 à i38i.

temps et qu'on abandonna. Dans le premier genre, il faut citer le royal d'or, qu'on retira de la circulation dès i565 (Ord. 10 avril 1300, lU. 480) et le denier à la couronne, qui ne dépassa pas l'année ij6i. Dans le second, le demi-gros, qui depuis avril i36i doubla assez inutilement le blanc denier ; et le grand franc d'or créé par le même mandement du 10 avril i56i. C'était, nous avons dit, un multiple du franc de décembre : il valait i l. 10 s. Mais, à cause sans doute de sa valeur trop considérable (il valait plus de 60 francs, monnaie moderne) à cause de son rapport peu commode au reste du système, la pratique commerciale semble l'avoir peu goûté. On en frappait encore au 14 avril i56i; mais il avait disparu avant i564. L* maille, au contraire^ créée semblet-il assez lard, répondait à un objet précis, à cette nécessité de menue monnaie pour les aumônes qu'Oresme rappelle à plusieurs fois. C'était une pièce d'un alliage très inférieur (i d. 6 de loy seulement, soit à peine 1/18 de métal fin) : on en faisait 56o au marc, et elle valait un demi-tournois. Nous n'en avons rencontré que 5 émissions : Ord. 12 octobre i373(V, 641), 10 juillet 1374 (VI, i5), 12 décembre 1374 (VI, 85). Cf. Vuitry, op. cit., II, 517. 1. M. de Wailly a noté en etfet des variations intermédiaires entre le pied 21'*. et le 24*^.. aux pieds 24 24/5 1, 24 i65 281, etc. Cette introduction de décimales dans la notion du pied monétaire est certainement inadmissible. Jamais nos monnavers anciens ne

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Ce ne sont point là pourtant des mutations.

Sur l'or d'abord, le seul changement qu'on ail pu relev^er sur le titre est rapporté à l'année 1869 (i). Un mandement du 29 septembre de cette année autorise les maîtres particuliers des monnaies, sur leurs réclamations, à faire les deniers d'or et les « boestes escharses jusques à ung- quart de carrai de loy et demi et non plus » (2). Mais ce n'est pas là, en réalité, une mutation ; c'est la reconnaissance d'une tolérance toujours plus ou moins admise en faveur des monnayers, d'une tolérance en réalité assez minime, analog^ue à celle que pratiquent aujourd'hui encore toutes les monnaies, et dont le taux se justifie très suffisamment par l'impossi-

se sont exprimés de cette façon, et il est, croyons-nous, tout à fait inopportun d'introduire dans une notion aujourd'hui historiquement arrêtée des complications et des subtilités qui leur ont toujours été étrangères. Au surplus, les historiens de cette période, et les mandements royaux eux-mêmes se sont bien gardés de s'exprimer ainsi : ils considèrent toujours les monnaies frappées de i565 à i58^, comme frappées au pied 34°. : les extraits de registres monétaires publiés par M. de Saulcy ne tiennent pas non plus un autre langage. Par celte introduction de fractions dans le calcul du pied, M. de Wailly a voulu évidemment tenir compte des variations du titre de gros tournois, qui passait tantôt de 12 d. à 11 d. 3/4 ou ! i d. ly. Mais, comme nous l'avons expliqué, cette variation de litre ne peut être considérée vraiment comme un changement du pied : elle ne peut être regardée que comme une tolérance dans le monnayage, nécessitée chaque fois par les conditions particulières de qualité du billon apporté aux hôtels.

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