‹ La théorie de la monnaie au XIVe siècleChapitre 277 sur 361 · Ord. du 19 janvier 1370 {M · texte numérisé non relu

Ord. du 19 janvier 1370 {M

ceau, c'était en réalité unsystème d'impositions complet, une série de taxes frappant successivement toutes les manifestations de la richesse, qu'il av^ait fallu organiser.

Encore faut-il dire que cela ne suffît point. Les impôts nouveaux rentraient peu ou mal, les dépenses excédaient toujours les recettes, le gouvernement était à court d'argent : à la fin du règne, la gène allait croissant chaque jour. Le fouag-e d'une année était mangé d'avance, le roi, à bout de ressources, devait se vouer aux expédients. Nous le voyons dans les mandements suspendre le paiement des g-ens de son Parlement, révoquer toutes les aliénations de domaines depuis Philippe le Bel sans tenir compte des droits acquis (i) ; nous le voyons une fois essayer d'établir, sans l'aveu des Etats, un droit sur la mouture du blé, qu'il fallut retirer devant l'ag-itation populaire.

Mais il pratiqua surtout, semble-t-il, l'emprunt forcé. Oresme lui avait donné à cet égard, dans le Traité, un bien malencontreux conseil, qui ne fut certainement que trop écouté. L'emprunt forcé fut élevé, on peut le dire, sous ce règ-ne, à la hauteur d'un système normal de gouvernement. Les mandements de cette nature sont innombrables. Certains peuvent se justifier. Lorsque le roi emprunte à des professionnels du prêt, à des banquiers, à des chang-eurs (2), aux juifs. du Languedoc (3),

1. Sous le prétexte assez spécieux que « pour tels dons excessifs, la hauteur et noblesse de ladicte couronne de France ont esté et sont appeticiees en grant partie » {Mandement du 24 juillet 1366. Ord. IV, /,66). Cf. Mandement du 5 octobre 1364, Ord.

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