Idem, ibidem, p. 55. Cf. Oresme, Tract., c. (S, p. CIIl
5. Idem, ibidem, Conclus. II, p. 56. Cf. Oresme, Tract., c.p, p. CIV ; c. 10, p. CV ; c. 22, p. CXXVII.
6. Idem, ibidem., Conchis. II, p. 56 : « Mutausmonetam in damnum reipublicœ, etc. Dicitur notanter, in damnum Reipublicae. quia si mutaretur ex racionabili causa, ad utilitatem reipublicae,, restitutio non haberet locum. Sunt autem très causae, propter quas licite mutatur moneta. Prima est falsitas introducta, ut si aliquis extraneus princeps aut falsarius effigiri malitiose fecerit, vel contrafaceret formularia seu modulos... Secunda causa si antiqua moneta nimia vetustate esset pejorata, ac in substantia et pondère imminuta per continuam attrectationem, tune cudenda esset moneta nova. Tertia causa est raritas materias, propter quam materia haberi non posset tali precio quo prius solita est haberi,
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blicœ. Byel n'ose pas l'admettre nettement dans le texte, il la réserve pour un de ses doutes (Dub. IIj (i). Il est en
tune mutanda esset monela, vel consliluendo alium ejus valorem respecta monela? alteriiis materia;, vel fabricando novam minoris ponderis et aeqiialis precii cuni priore. » Cf. Oresme, Tractât., c. ç), p. CIV : c. lo, p. CV.
1. Idem, ibidem,, Diibium II. p. 4'^^"4'- Ce passage est capital, et nous croyons utile de le transcrire en entier, pour faciliter les rapprochements :
« Dubitatur secundo, ulriim in aliquo casu Princeps possit mutare monetam propter lucrum suuin ; vel generalius an Princeps possit habere lucrum ex moneta, constituendo majorem valorem monela" quam valeat ejus luateria non monetata, deductis necessariis impensis ; vel minuendo pondus aut ligam sub priori valore ?
Respondetur breviter, quod in uno casu solo, Princeps potest sentire lucrum ex moneta, scilicet dum lucrum illud redundat in utilitatem Reipublicie, ut tactum est conclusione secunda. Puta, quando Princeps indiget subsidio pro defensione Reipublica?, ad quod prsestandum subditi obligantur; tune posset fieri aliqua rautatio in raoneta, ut pondus vel materia sub eodem valore minueretur, ut sic populus minus sentiret se gravari ; dum tamen non extendatur lucrum ultra necessariam Principis indigentiam supradictam. Sed ha'c mutatio iieri non débet sine consensu subditorum, cpioruiu (ut dictum fuit) est moneta. Potest enim quilibel renunciari juri suo, VII q. i, quam periculosum. Sic et comniunitas. Et vult Innocentius, quod sufflciat consensus majoris partis magnatuiu ; sed de hoc dubilat Panorm. loco alîegato, cum tractetur de negoeio singiilorum. Ideo dicit Angel. requiri consensum singulorum Non tamen sufficit consensus populi ad dispergendum hujusmodi monelam minoris ponderis extra laie doniiniura ; quia cum damno non subditorum non potest suas indigentias sublevare. In quo satis omnes concordant.
Videlur etiani quibusdam, quod in casu quo colligenda est magna pecunia pro redemlione Principis aut defensione, facilior fît modus et expeditior per mutalionem nionelœ ; tum quia hic modus facilior est ad congregandam pecuniam necessariam citius, sine fraude, et ex facultatibus subditorum, tum quia minus sensibilis, et per lioe magis portabilis sine murmure el periculo rebel-
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effet très hésitant : il admettrait bien qu'en cas de nécessité publique le prince pût faire un gain sur la monnaie {diirn lacrum illiid redundat m utilltnte reipiiblicœ) et il n'admettrait, avec Oresme toujours, dans ce casque la seule mutation iii pondère Lfel rnaferia, -àutovisée par le consentement des sujets. Mais cette mutation, qu'Innocent IV admet ici, Panormitanus la repousse. Et alors Byel se trouve très hésitant : il ne nomme point Oresme directement, mais c'est bien à lui qu'il pense certainement quand il nous dit que, dans le cas de rédemption de prince, certains ont cru que la mutation était le procédé le plus convenable et le plus sur, le plus expéditif surtout pour se procurer rapidement une grosse somme d'argent, smf mur nuire popiili et periculo rebellionis. Mais, il n'ose pas se prononcer, et sa conclusion est pleine de prudence: « Verum, an haîc ita se habeant, consulo diligenti lectori ».
En dehors de ce qu'il doit à Oresme, Byel n'apporte en propre que bien peu de chose : quelques citations de Bartole, de Panormitanus, des développements assez peu intéressants pour nous sur les cas de conscience dans ses cinq conclusions (i), toute une analyse sur les procédés de
lionis populi ; tum quia est generalissima, comprehenderis omnes tam clericos quam laicos, nol)iles et plebeios, divites etpauperes. Verum an lidec ita se habeant, comilto diligenti lectori. Duo tamen necessario attendenda sunt. Primura quod nioneta illa tantum currat Inter subditos illius dorainii, qui tenentur subvenire domino, et suae reipublicse ; quoniam si dispergeretur ad alios, isti per hoc injuste gravarentur. Secundum, quod collecta necessaria pecunia, moneta reducatur ad priorem statuin ; quia cessante causa cessare débet et effectus. » Cf. principalement ( )resme. Tractât., c. 22 et 25, p. CXXVl sq.
I. V. particulièrement les développements des deux premières Conclusions : I « Falsificans monetani in subslantia, Corma val pondère, peccat mortaliter, etc. » (p 55); 11 « Mutans monetam
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falsification de la monnaie (i). sur le change de loco ad lociim. L'œuvre est intéressante, mais c'est certainement lui faire trop d'honneur que de dire, avec M. de Girard, que « Byel a retourné sous toutes ses faces le problème monétaire » (2), Byel n'a point, dans son très court traité, dit, et loin de là, tout ce que l'on pouvait dire, même de son temps. Et ce qu'il a de meilleur n'est point proprement de lui, c'est le Traité d'Oresme à peine démarqué.
Il est de tradition de répéter que l'ouvrag^e de Copernic, Monetœ ciidendœ ratio, est inspiré aussi du Traité d'Oresme. M. Wolowski lavaitsi bien cru qu'il l'a édité en même temps qu'Oresme, avec une traduction moderne (3).
Rien pourtant n'est moins sûr que cette filiation. Loin de procéder directement d Oresme,il est même probable, à notre avis, que Copernic ne l'a jamais lu. Son ouvrage, qui n'est d'ailleurs qu'une consultation pratique sur un fait déterminé, et où la partie théorique compte trois pages à peine, ne nomme point Oresme une seule fois. Les rares notions théoriques qu'il expose, en quelques lignes très serrées, — définition de la monnaie comme
in dananum reipublicae lenetur daranuni illatuiii restiluendo cornparare » (p. 56 j.
1. G. Byel, op. cit., Expositio, p. 55-54- « Secundo nolanduni est quod moneta tribus modis falsificari potest, etc. »
2. E.de Girard, Histoire de l'Economie .sociale, p. 204. M. Roscher avait qualitié phis justement l'œuvre de Byel : c'est un écho d'Oresme [N ai tonal okonomie. 1874, p. aS).
5. Wolowski, Traictie, Introduction, p. vj, et •j*' partie : Copernic, p. 2: J. Bertrand, Copernic et ses travaux, dans le Journal des Savants, 1864, p. 69; Cossa, Introdiizione allô studio dell ecoiiomia politica, p. 191 ; Branlz, Les théories économiques aux XUl" et XI V^ siècles, p. 195.
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mesure (i), nécessité de la stabilité des deniers, distinction de la valeur et de Vœstimatio (2}, orig-ine et raison d'être de la monnaie et du billon (3) — n'olîVent pas avec la doctrine du Traité de pointdecontactplusimmédiatque toute autre apologie d'une monnaie droite ne pourrait le faire ; la connaissance commune d'Aristote, la similitude des situations dans lesquelles ont paru les deux ouvrages, suffit à expliquer ces quelques analogies, sans (ju'on doive conclure à une filiation directe, alors surtout qu'on ne retrouve chez Fauteur polonais aucune des idées caractéristiques d'Oresrae sur les mutations et le droit de la communauté.
Après Byel donc — et pendant près d'un siècle — nous ne retrouvons plus l'influense visible d'Oresme. Tous les auteurs édités de cette période sont d'ailleurs italiens ou espagnols, et cette circonstance a dû être décisive, puisque l'œuvre d'Oresme ne paraît point avoir pénétré dans les nations méditerranéennes.
Les Italiens des xv'^ et xvi" siècles, Garafa, Davanzati, Scaruffi, ne le connaissent point. Fornari, qui a étudié assez longuement les idées économiques de Dio?nede Carafa, n'a pu que déplorer que, sur la monnaie, ses notions soient si en retard sur la théorie d'Oresme : le
1. N. Copernic, Monetœ cudendœ ratio. « Tanquarn mensura quaedam communis festimationuin » (éd. Wolowski,àla suite du Traictie, p. 5o).
2. Idem, Ibidem. « Potest enim pluris estimari moneta, quaio ejus qua constat matei-ia, et e converse » [éd. cit., p. 5o).
3. Idem, ibidem. « Solet etiam monete et maxime argento es commisceri, propter duas (ut existimo) causas, videlicet quo minus exposita sit insidiis expilantium et conflantium ipsam, quod futurum esset, si ex sincero argento constaret. Secundo. quod massa argenti in minutas partes et scrupulos numniorum fracta retineat, cum ère admixto, convenientem magnitudinem » {éd. cit., p. 5o).
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peu qoilait écrit, en effet, sur la nécessité dune bonne monnaie et le danger de l'altération des espèces (i). ne dépasse pas la valeur de §"énéralités morales.
Dcwanzati {2). plus lard, nous offre une doctrine plus complète et se présente avec un appareil de notes assez respectable. Sa littérature s'étend des légistes à Aristole, et il connaît à peu près tous les monograplies antérieurs (3). Mais juslemenl il ne nomme point Oresme, et malgré une page sur l'origine de la monnaie que limitation commune d'Aristote suffît probaljlement à expliquer (4)5 malgré une rencontre de mots assez curieuse à propos des effets des mutations dans les contrats (5), nous avons peine à croire qu'il Tait directement pratiqué.
Scariiffi (6), lui. l'a très certainement ignoré. Sous la
i. Diomede Carafa, De régis et boni principio officio, Pars IV. De subditoruni civitatisque coinmodis procurandis. « Moneta eo modo, eaque prudentia exciidenda est, ut in ea re nihil auctori lucri fiât. . . Si quis autein Princeps signando are lucrari voluerit, magno detrimehto populares officiel, et cum his conferri posse videbitur, qui ut quotidie aliquid adquirantur, de ordeo equis suis dernunt ; nec inlelligunt ipsorum periculo eos niacescere. » (éd. Xeapoli, 1668, in-8°. p. 84).
2. Davanzati, Lezione délie monele. di Bernardo Davnnzati Fiorentino (i588) fdans Custodi, Scriltori classici di Econornia politica. t. II, 1804, p. ig-So).
5. Il cite Bariole, Bornilius, Anton. Faber, Gurtius Junior, Marquard Frelier, Covarruvias ; léditeur annonce d ailleurs qu'il n'a pas reproduit toutes les notes.
4. Davanzati, Lezione (éd. cit., p. 24-iit)). Cf. Oresme, Traiclie, c. I, p. II-III.
5. Idem, ibidem, p. 42. (Cf. Oresme, Tractai., c. 20, p. CXXIV); el p. 41 (comparaison de la mutation des mesures de blé et de liquide). Cf. Oresme, Tract., c. 12, p. GX.
2. G. Scaruffi, Discorso sopra lemonete. e délia vera proportio Ira l'oro et l'argento (iSjô); dans Custodi, Scrittori classici. II, 71 sq.
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forme un peu cavalière de cet auteur, qui semble ignorer l'usage des références, et qui ne fait pas une fois allusion à la littérature antérieure, il est difficile de connaître ses sources. Mais dans cette singulière doctrine, toute construite «/)r«or/, tous les détails, depuis la conception si aventurée d'une « monnaie impériale » (i), jusqu'à la croyance à une juste et naturelle proportion de l'or et de l'argent (2), jusqu'à l'immutabilité des règles de l'économie (3), sont aussi contraires qu'il est possible, évidemment, à la méthode prudente d'Oresme, toute de déduction et de conclusions expérimentales. Malgré une rencontre d'expressions assez singulière de son prologue avec le proœmiiim du Traité (4), il ne paraît point qu'il s'en soit directement inspiré.
Au xvii*^ siècle, la situation reste, semble-t-il, la même. Quelques pages à' Antonio Serra sur les inconvénients et les désordres qu'amène l'altération des monnaies (5), quelques rencontres d'expressions de Turbolo (6) ou de